samedi 30 août 2008

ECOLOGISTES DE TOUTES TENDANCES, unissons-nous.

Le constat est objectif : le développement durable n’est plus seulement un vœu pieu, c’est une action au quotidien d’un nombre croissant d’hommes et de femmes dans le champ politique.

La prise de conscience réelle est récente, et il y a encore deux ans, le nombre de responsables politiques ayant intégré cette question dans leur préoccupation était très faible et essentiellement issus des rangs des Verts ou de Cap21.

Après les rapports du GIEC, le rapport Stern, le film d’Al Gore, les initiatives de Nicolas Hulot, l'Alliance des associations environnementales françaises, et le Grenelle de l'environnement, ceux qui agissent au quotidien dans le champ politique sont bien plus nombreux : au sein des Verts bien sûr, de Cap 21, mais aussi (et de plus en plus) dans d’autres partis ou dans aucun parti. Ce sont aussi des élus de toutes les collectivités et notamment de très nombreux maires de petites communes sans étiquette qui intègrent le développement durable comme une véritable politique locale structurante et d’avenir.

Nous vivons une véritable révolution culturelle et sociétale, et les anciennes logiques ont énormément de mal à évoluer et à intégrer la démarche essentielle du 21° siècle : le développement durable.

Il est urgent d’unir toutes les énergies et de faire évoluer la structuration de l’action écologiste dans le champ politique.

Il eut été par exemple fort utile que tous les opposants aux OGM qu’on a pu entendre dans tous les partis se rassemblent, s’organisent, et renforcent singulièrement l’action contre les partisans des OGM.
Sans doute en serait-il de même pour bien d’autres sujets.



Il y a nécessité de créer un lieu d'échange entre toutes ces personnes qui agissent dans le champ politique en faveur de l'écologie, qui se définissent ou non comme "écologistes", mais qui, au gré des logiques souvent destructrices des appareils et du système électoral, sont "dispersées" dans différents partis ou mouvements, voire sans carte, et donc souvent sans contact les uns avec les autres.

Ne nous résignons pas, agissons ensemble et nous éviterons les divisions qui ravissent ceux qui s'opposent à nos idées.

Rejoindre ce réseau, voir la liste des signataires et membres sur :
http://ecologistesdetoutestendances.blogspot.com

jeudi 28 août 2008

L'ours et le moucheron

Où l'on découvre que le moucheron est un plus grand prédateur que l'ours. Pays de l'Ours-Adet dénonce la piteuse mascarade de l'Aspap.


L’ours et le moucheron

Des années que l’Aspap le clame sur les cimes et les ondes : « l’ours, c’est la mort du pastoralisme », « l’estive, un paradis devenu un enfer », sans ours, des Pyrénées tranquilles … Bref, tout irait bien pour l’élevage pyrénéen s’il n’y avait l’ours.

Et voilà qu’un moucheron ramène brutalement tout le monde à la réalité : la fièvre catarrhale ovine (FCO, ou maladie de la langue bleue, propagée par un moucheron) est en train de décimer les troupeaux pyrénéens.
En quelques jours, la FCO a fait plus de dégâts économiques dans les Pyrénées que l’ours en 10 ans.

Et que fait l’Aspap, l’association qui prétend défendre l’élevage dans les Pyrénées ? Que dit-elle ? Que propose t-elle ? Que demande t-elle ? Rien.
Pourtant, qu’un ours s’avise de toucher une brebis, et c’est une déferlante de communiqués, de courriers au Préfet, et de manifestations, parfois violentes.
Et là, alors que les brebis meurent par milliers, rien ?!

Depuis longtemps, nous rappelons que l’ours est une des plus petites causes de mortalité de brebis en montagne : 1% environ, soit 300 brebis, pour 30 000 mortes par an le long de la chaîne des Pyrénées. Les asticots sont bien plus « prédateurs », sans parler des chutes, des chiens divagants, et des maladies.

Bien sûr, l’Aspap n’est pas responsable de l’épidémie de FCO.
Toutefois, en focalisant le débat sur la question de l’ours, l'Aspap a créé un écran de fumée qui a masqué les vrais problèmes de l’agriculture de montagne.
En entraînant avec elle les responsables professionnels et politiques, elle a mobilisé des moyens humains et financiers qui auraient été tellement plus utiles pour traiter vraiment les problèmes économiques, techniques et sanitaires de l’élevage pyrénéen.

L’épidémie de FCO est un évènement dramatique. Elle révèle tristement la piteuse mascarade de l’Aspap. Lutter vaillamment contre un ennemi prestigieux comme l’ours était certes valorisant pour son très médiatique porte-parole, alors qu’un moucheron ne saurait constituer un adversaire à sa mesure, sans doute.

Et pourtant, aujourd’hui, chacun se rend compte à quel point il a été floué :
- en premiers les éleveurs, certains s’étant très sincèrement impliqués contre l’ennemi numéro 1 qu’était censé être l’ours ;
- les élus ensuite, sommés de prendre parti pour l’homme ou pour l’ours, comme si opposer l’homme et la nature avait encore un sens;
- les médias également, ceux qui ont cru à la (séduisante il est vrai) fable des demoiselles d’Ariège luttant contre l’envahisseur et les écolos ;
- le public enfin, qui découvrira, abasourdi, l’étendue du mensonge, pour autant que l’on médiatise autant les brebis mortes de la FCO que celles tuées par l’ours.

La morale de cette histoire est triste : les défenseurs du pastoralisme ne sont pas ceux que l’on croyait. Le retour de l’ours, en apportant des moyens nouveaux aux bergers, a fait beaucoup plus pour l’élevage que l’Aspap qui a caché les vrais problèmes sans n’en résoudre aucun.

Plus dure est la chute pour les éleveurs qui n’avaient pas besoin de ça …

Saurons-nous en tirer les leçons ?

mardi 26 août 2008

Se rassembler c’est d’abord cesser de se tromper d’adversaire.





La formule consacrée selon laquelle « il y a plus de choses qui nous rassemblent que de choses qui nous séparent » doit devenir une réalité et plus seulement un discours de tribune .

Mais pour cela, identifions bien les efforts que nous devons faire et les tolérances que nous devons avoir, chacun, à notre niveau.



Ne plus se tromper d’adversaire



Les réseaux associatifs ? Il n'y avait pas réellement de réconciliation à opérer. Le monde associatif veut rester indépendant du champ politique et il le restera. De la même manière qu'il serait inconcevable que des syndicats se présentent aux élections en se plaçant en concurrence avec des partis de gauche. Que des personnes ayant construit leur notoriété et leurs compétences dans le monde associatif veuillent accepter des responsabilités électives et franchir le pas d'entrer dans le champ politique, c'est courant, acceptable, voire souhaitable. Qu'ils représentent une ou des associations, cela se discute bien plus et je doute que les dites associations, surtout si elles sont particulièrement puissante en nombre de membres, acceptent une pareille confusion.



Réconciliation entre alter mondialistes et certains écologistes. Après les très divisantes campagnes référendaires sur le Traité constitutionnel européen et ses développements lors de l'élection présidentielle, l'implication de José Bové dans un rassemblement ne ferait finalement qu'illustrer le fait qu'au sein des Verts, avec grande difficultés et tensions, et quelques départs tout de même au gré des sectarismes et des règlements de compte locaux, partisans du non au Traité et partisans du oui ont globalement réussi à rester ensemble. La réconciliation, là, c'est vers la gauche de la gauche de l'écologie.



Reste une dernière réconciliation à opérer en direction de cette écologie qui se veut plus détachée du clivage droite gauche, ouverte à des contractualisations tant avec le PS qu'avec l'UMP, avec une option aujourd'hui supplémentaire qui est le Modem. Si on peut difficilement résumer la mouvance alter mondialiste à un seul parti ou groupe, elle est composée de très nombreuses personnes, élues ou non, non membres des Verts dans leur très grande majorité. Elle a toutefois son incarnation la plus forte en la personne de José Bové. On peut faire le même parallèle avec l'aile qu'on va qualifier plus au centre. Cette autre famille de l'écologie n'a pas de structures fortes, elle est aussi composée de nombreux individus, élus ou non, sans carte pour la plupart, et là aussi, une personne se détache en terme de notoriété. Je pense à Corinne Lepage.

Cette seconde aile de la galaxie écologiste a-t-elle pour l'heure sa place dans la dynamique lancée ? Je sais que certains y sont favorables, d'autres évitent la question. Mais ce que la présence de cette aile soulèverait est ce que j'ai moi-même soulevé ces derniers mois et qui m'a fait prendre quelques distances avec les Verts : pouvons-nous imaginer une remise en cause potentielle de toute alliance gouvernementale uniquement à gauche ? La question n'est pas tant de savoir si nous avons le coeur à gauche ou non (personnellement, je l'ai), la question est de savoir si, comme dans les pays scandinaves ou germaniques, nous, écologistes, pouvons

1- baser notre raison d'être ensemble dans un même parti uniquement sur la base d'un programme et d'un projet de société : le développement durable

2- ne pas ajouter d'autres conditions à l'adhésion à ce parti, d'autres conditions comme celle par exemple de se dire de gauche, ou de s'interdire toute contractualisation avec d'autres partis que des partis de gauche... fussent-ils centristes.

3- avoir l'ambition de s'adresser à tous les électeurs, et pas seulement à moins de 10% d'entre eux (au mieux), et pas seulement à ceux qui votent à gauche.



Compliqué dans un pays comme la France où seule l'élection européenne exonère les partis de se poser la question du "avec qui gouverner", et où, faute de proportionnelle réelle, toutes les autres élections oblige les partis qui ne sont pas parmi les deux plus importants à faire alliance durable avec l'un de ces deux.

... à moins que ...

1- on ait quelqu'ambition de vouloir devenir un jour l'un des deux plus important parti... et traduction de score électoral, la chose n'est pas inatteignable. On est sur une fourchette de 20-25% des voix.

2 - on ait quelques stratégie pour y arriver : se rapprocher de partis qui ont comme nous intérêt à passer ce fameux cap des 20/25% avec qui une alliance électorale serait autrement plus productive que celle que les Verts ont tant de mal à faire vivre à leur bénéfice. Je pense évidemment au Modem.



A ce stade, je vois l'élection au Parlement européen de personnes que j'apprécie grandement comme Daniel COhn-Bendit. Il emmènera avec lui deux ou trois élus issus du monde de l'écologie associative, José Bové, et, pour le reste, 3 ou 4 élus verts.



Mais pour que cela change quelque chose après, il faut penser la suite. Il serait inconcevable que la seule perspective offerte aux nombreux militants et candidats non verts, au lendemain de cette élection, soit "adhérez aux Verts".

Il faut aussi éviter une campagne qui se positionne en concurrence du Modem.

Il faut que les élus issus des verts élus soient des personnes qui s'impliquent dans le changement futur et nécessaire des Verts et ne disparaissent pas pendant les 5 prochaines années dans les arcanes bruxelloises (même si on attend aussi, évidemment, qu'il fasse leur travail parlementaire).



Nous n’avons passé que trop de temps à chercher LE défaut qui méritait d’exclure un tel, de ne pas travailler avec tel autre, d’ignorer ou de mépriser cet autre là.

Nos adversaires ne sont pas les écologistes qui ont choisi de dire non au TCE.

Nos adversaires ne sont pas les écologistes qui essaient, de l’intérieur, d’écologiser le Modem ou le PS,.

Osons le dire, nos adversaires ne sont pas ceux qui, à l’UMP, s’opposent comme nous aux OGM, ou qui, comme Nathalie Kosciusko Morizet, et Jean-Louis Borloo, ont fait le Grenelle de l’environnement et tente de faire avancer bien des mesures qui vont dans le bon sens.

Nos adversaires ne sont pas ceux qui, dans les ONG, ont fait le choix de s’inscrire dans le processus du Grenelle de l’environnement.

Nos adversaires ne sont pas tous ces écologistes avec lesquels nous avons vécu, au fil de ces dernières années, des contentieux électoraux.



Savons-nous bien, enfin, que dans toutes les collectivités territoriales, de très nombreux élus et acteurs locaux mettent actuellement en œuvre des projets authentiquement écologistes. Ils sont tous d’horizons politiques différents, n’ont pas forcément une carte avoir leur carte dans un parti ou une ONG écologiste, et pourtant ce sont de véritables fantassins de l’écologie de terrain. Ce sont eux qui actuellement agissent le plus directement en lien avec les aspirations populaires.

Sur le terrain, seule l’efficacité est reconnue et dans ce cas précis, la couleur ne fait pas forcément diplôme d’écologie.



Agir avec pédagogie et discourir avec efficacité, avec modestie, mieux cibler nos indignations et nos révoltes.

Il n’est plus juste en réalité d’affirmer, pour se rassurer, que l’écologie chez les autres n’est que dans le discours et qu’elle ne serait vraie et sincère que dans un seul parti, écologiste.

Il n’est pas juste et pas logique de dénoncer ou de voter contre des mesures qui vont dans le bon sens au seul motif qu’elles ne vont pas assez loin ou parce qu’elles proviennent d’une majorité dans laquelle nous ne sommes pas.

Dire par exemple que le Grenelle a été et reste une supercherie est non seulement faux mais c’est surtout un discours bien peu partagé parmi les militants et acteurs de l’écologie, et encore moins dans la population. Chacun est capable sur cette question de juger les quelques avancées, les reculs, et les nombreuses stagnations. Ce qu’on attend des écologistes, c’est d’être des militants du Grenelle et non des opposants au Grenelle.

Pouvons-nous dire avec sincérité que toutes les majorités dans lesquelles nous agissons sont totalement exemplaires ?

Il est évident qu’on attend de nous, écologistes, une attitude plus constructive. Constructive ne veut pas dire permissive. Il s’agit au contraire de faire la part des choses avec intelligence. Soutenir ce qui doit l’être. Dénoncer ce qui va dans la mauvaise direction. Nous devons surtout parler un discours que la population peut à la fois comprendre et accepter. C’est à dire que nous devons admettre les contradictions de la société qui sont bien souvent des contradictions que nous vivons dans notre propre quotidien. Nous devons tenir compte des difficultés et des réalités car ignorer les obstacles, c’est chuter. Nous devons reconnaître les efforts faits et non insulter celles et ceux qui mettent en œuvre des actions positives, aussi modestes soient-elles.



Une campagne européenne clairement écologiste

Deux axes majeurs pourraient par ailleurs constituer le fil rouge de cette future campagne :



1- construire l'Europe de l'après pétrole. Il faut dire que si l'Europe n'est pas le continent du développement durable, aucun autre continent ne le sera. Notre continent a donc un rôle de rayonnement et d'exemplarité. Il faut proposer une PEC : Politique Energétique Commune, qui, comme l'a été la PAC, sera le nouveau Pacte fort européen, notamment par son ampleur financière qui doit être comparable à la PAC. Deux programmes structurants : un réseau ferré européen (avec des nouvelles lignes) pour les marchandises prioritairement et un soutien aux relocalisations des productions et consommations alimentaires (ce qui implique de mener en cohérence une réforme de la PAC allant dans le même sens).



2- redonner confiance dans une Europe qui protège écologiquement et socialement. Cela implique une harmonisation fiscale permettant des soutiens aux productions et attitudes écologiques et sociales, certaines harmonisations de droits sociaux, et une politique douanière sélective qui, elle aussi, favorisera l'importation de produits écologiques et respectueux d'un minimum de droits sociaux.





Nos préoccupations avancent dans la société. Elles font de petits pas dans les sphères de décisions.

L'enjeu est de faire un regroupement suffisamment vaste pour que tout cela aille plus vite et que les majorités en place acceptent plus franchement et rapidement les réformes qui s'imposent pour faire muter cette societé et ce continent.