lundi 25 mai 2009

de l'humain... ou le plaisir de parler pétanque pendant une campagne électorale



Commentaire de la photo :

Nous voilà, avec Jean-François Kahn, mercredi dernier, à Pont Sainte Marie, près de Troyes, en train de visiter une usine de fabrication d'éléments pour des moteurs.
L'intérêt de cette visite était de voir comment une PME fait face à la crise en diversifiant ses clients. Le pire étant, comme souvent pour des PME qui font de la sous-traitance, de dépendre trop d'un seul client (exemple : d'un constructeur automobile qu'on aide pendant qu'on laisse tomber les sous-traitants).

Mais dans une campagne, on retient également d'autres aspects.
En l'occurrence, en voyant cette photo, vous pourriez penser que nous discutons avec cet ouvrier de son métier sur sa machine... et bien non. Nous parlions ... pétanque, car cet ouvrier est par ailleurs champion de pétanque. Jean-François est bien plus connaisseur de cette discipline que moi, même si je dois avouer que j'aime passer quelques heures d'été à viser le cochonnet.

Ajoutez à cela que lors de la conférence nationale du mouvement démocrate de samedi dernier à Paris, Jean-François Kahn a fait partager à tout le monde sa traumatisante expérience de la blanquette de veau à l'ancienne servie en distributeur automatique dans une station essence... et vous voilà quelque peu à même d'apprécier la tonalité d'une campagne, les pieds sur terre, franchement sympathique, qui nous fait largement oublier les pics que nous envoient nos adversaires.

Tout cela illustre finalement à merveille notre souci partagé, entre candidats de cette liste, de remettre de l'humain dans notre quotidien... et ce n'est pas un slogan creux. Je pense que ce que nous disons et faisons dans cette campagne, même si cela peut paraître anecdotique ou décalé, léger même, est une illustration de ce soucis. Nous en avons fait un programme politique à apprécier lors de nos meetings, à apprécier à la lecture de notre programme, à apprécier dans notre attitude de campagne à la rencontre des citoyens.

Difficile de vouloir améliorer le quotidien de tous, si on ne partage pas, avec curiosité ou plaisir, ces détails de la vie quotidienne- surtout quand il peut se trouver que c'est aussi notre quotidien en dehors de nos activités de "candidats" ! .

jeudi 14 mai 2009

Le loup libre parmi les brebis libres


Jean-François Kahn a fait deux remarques, durant la convention démocrate de Metz sur les libertés publiques, qui m’ont fait réfléchir :

Le renard libre au milieu de poules libres, ce n’est pas la liberté des poules, mais uniquement celle du renard. Idem pour un loup libre parmi des brebis libres.

Les renards ne se tuent pas entre eux parce qu’ils n’ont pas le libre-arbitre de pouvoir se défaire de leur instinct. Si l’homme a la capacité de tuer un autre homme, voire beaucoup d’autres hommes, c’est son libre-arbitre qui lui permet un tel acte.

L’autre jour, un ami m’a raconté une histoire qui me fait penser à ces deux remarques et qui vient les compléter : son chat avait trouvé une souris. Plutôt que de la tuer, il s’est mis à jouer avec elle très précautionneusement, sans la mordre, sans la griffer, juste avec ses pattes, griffes rentrées. Et très étonnamment, la souris s’est prêté au jeu et revenait vers le chat, presqu'en confiance. Ce divertissement à deux a duré plusieurs heures me disait-il. Et soudain, le chat a croqué la souris et l’a mangée.

A partir d’un discours sur les libertés du monde des humains entre eux, nous en arrivons à la conclusion que nous rappelle le dicton populaire : « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ». Ainsi donc, la liberté n’a de réalité que si les plus forts n’imposent pas leur liberté aux plus faibles. Des poules, qui revendiqueraient, elles aussi, un niveau de liberté au moins équivalent à celle du renard qui vivrait librement avec elles, mèneraient un combat vain. Car sans médiation et régulation d’un tiers, le rapport de force leur serait défavorable et c’est bien la liberté du plus fort de manger les plus faibles qui l’emporterait sur la liberté du plus faible de ne pas se faire manger par le plus fort.

Mais imaginons qu’on décide d’interdire au renard de manger des poules car sa liberté est incompatible avec la leur. Il mourrait de faim. Le renard disparaît. Les poules survivent. On altérerait gravement la liberté du renard de survivre pour préserver celle des poules.

Considérant important : il faut un troisième intervenant qui bride la liberté du renard et protège les poules : le fermier.

Du point de vue de ce dernier, il protège avant tout « sa » liberté d’avoir des poules qui produisent des œufs et de la viande. C’est légitime (et je le dis d’autant plus volontiers que j’ai des poules et que je m’en suis déjà fait dévorer 3).

De même pour le loup ou l’ours qui s’attaquent aux troupeaux de brebis, il est légitime que l’éleveur veuille protéger ses troupeaux et empêcher le loup ou l’ours de manger « ses » brebis.

Le discours de bien des éleveurs est de penser que la meilleure protection pour leurs brebis ou leurs poules est la disparition du prédateur.

Cette logique immédiate (immédiate dans le temps, l'espace, et l'objectif recherché) devient pourtant néfaste si on essaie d'en percevoir les effets collatéraux dans le temps et l'espace. Ainsi, sans prédateur, les troupeaux de brebis sont protégés (très partiellement en réalité, car l'ours et le loup ne sont responsables qu'à moins de 1 % de la mortalité accidentelle dans les troupeaux). Mais les autres espèces animales sauvages pullulent et causent les dégâts que l'on sait sur les cultures sans parler de toutes les autres conséquences à long terme sur les écosystèmes ainsi déréglés.

Tout le monde sera d’accord pour dire que le hérisson est un prédateur qui doit avoir la totale liberté de manger toutes les limaces qu’il veut dans nos jardins. Mais il fera débat entre nous que le loup ou l’ours ait une liberté aussi grande. Car dans un cas, cela nous est utile, dans l’autre moins.

Et pourtant, il faudra bien qu’on réussisse à admettre collectivement que la biodiversité nous est utile, en principe et de manière générale, même dans le cas du loup et de l’ours. Certes, voir un hérisson manger nos limaces est d’une utilité immédiatement perceptible. Voir l’utilité de l’ours et du loup à long terme et dans un cadre général d’un écosystème auto-régulé, ne se perçoit pas avec la même immédiateté. La destruction d’une espèce a souvent des conséquences inattendues, dont la réparation incombe aux générations futures. On commence à peine à donner un prix aux espèces animales et végétales car bien des scientifiques, des urbanistes ou des experts agricoles notent qu’il y a des conséquences économiques en cascade quand on fait disparaître des espèces et leur milieu naturel. La nature, y compris les prédateurs, nous rend des services « gratuits » dont on ne mesure pas encore réellement l’importance économique.

Entre l’homme et le prédateur naturel, c’est un peu comme dans un western… on en arrive souvent à la triste conclusion qu’il y en a un de trop. Or, comme nous le démontrions plus haut, la liberté de l’homme c’est d’avoir assez de libre arbitre pour ne pas décider de tuer tous les prédateurs qui lui sont concurrents.

C’est un engagement très humaniste - qui ne s’arrêtera jamais - de réguler la liberté des plus forts pour garantir celle des plus faibles. Et en l’occurrence, il n'est pas inutile de penser que l'homme est aujourd'hui le plus fort et qu'il a dès lors quelques autorégulations à s'imposer vis à vis des autres espèces, toutes devenues aujourd'hui plus faibles que lui, fussent-elles des prédateurs de poules ou de brebis !

Je crois que Jean-François sera d’accord avec ce bref développement « durable » de son argumentaire.

mardi 12 mai 2009

Panne sèche




Comme l'a relaté le journal l'Alsace, je n'étais pas, comme prévu, à la librairie Kléber samedi dernier pour présenter avec Huguette notre "Petit Traité d'anthropophagie politique" parce que j'ai eu une panne sèche.

Mille excuses à tous ceux que j'espérais voir à cette occasion. Je le regrette d'autant plus que je me réjouissais de cette séance et qu'on me dit qu'il y avait du monde.

Mais il arrive parfois que les choses ne se déroulent pas comme on les prévoit. Oui, j'ai eu une panne sèche sur la route pour revenir à Strasbourg depuis Metz où j'ai participé à une réunion publique pour les européennes qui avait lieu le matin. J'ai voulu me dépêcher pour ne pas être en retard et je n'ai pas fait le détour nécessaire en partant pour aller à la station service car j'espérais en trouver une sur ma route... en vain.

Comble (ou rappel à l'ordre) pour l'écolo que je suis d'être empêché de circuler en voiture !

A ce propos, j'avoue que je suis comme tout le monde... pétri de contradictions et soumis au réel par rapport à mon idéal... et ce réel est que, dans une campagne électorale où on jongle avec les rendez-vous aux 4 coins d'une grande région composée de 5 régions, il est difficile de trouver un train qui part à la bonne heure et qui m'emmène et me ramène là où je veux. Mon propos ici n'est pas de traiter de la question des transports, mais je dois dire que je n'ai jamais été de ces extrémistes qui imaginent une societé, demain, sans voiture. Moins de voiture, oui, sans aucun doute, notamment dans et autour des grandes villes ou sur les longues distances. Plus du tout, je n'y crois pas... ne serait-ce que parce que je vois, pour moi, que ce n'est pas toujours possible, alors que je fais un réel effort quotidien de faire le choix des transports en commun et du vélo.

Et puis, somme toute, malgré la critique facile d'un politique qui est en panne sèche, l'image et le symbole me plaît... notamment au regard du propos que je tiens dans notre "petit Traité...".
D'une certaine manière, oui, il y a un parallèle entre mon aventure de samedi, et mon parcours politique, tel que le sous-entend la conclusion de Yolande Baldeweck dans l'Alsace. Oui, j'ai été en panne sèche par rapport à l'engagement politique. Il m'a fallu affronter les déboires et les remises en cause, me voir contraint à l'arrêt pendant quelques temps... mais comme je l'ai réussi samedi dernier, j'ai fini par trouver des soutiens et les ressources nécessaires pour repartir.
... et comme l'un de mes dessins dans le livre le dit, "ce qui ne tue pas, renforce".

Hâte de revoir ceux qui le souhaitent au Salon du Livre de Saint Louis où je serai toute la journée de dimanche.

lundi 4 mai 2009

"le petit Traité d'anthropophagie politique" sur France 3 Alsace

retrouvez notre passage sur l'émission "la voie est libre" sur France 3 Alsace.

lien : voixlibre
Ce dessin, c'est celui que vous pouvez voir sur la couverture du dernier livre que j'ai publié aux éditions de la nuée bleue avec Huguette Dreikaus.

On m'en parle, on me questionne, et j'avais envie de profiter de cette sortie (en vente dans toutes les librairies en Alsace et en Lorraine) pour commenter, régulièrement, sur mon blog, quelques-uns des dessins...

Commençons par la couverture.
Il montre deux élus qui se mordent. Le dessin illustre évidemment le titre "Petit Traité d'anthropophagie politique". A moins que le titre, pour une fois, ne commente l'illustration ?
Y a-t-il de l'anthropophagie en politique ? Ou autrement dit, les élus et les politiques se mangent-ils les uns et les autres ?
Ce dessin est un double clin d'oeil.
Un clin d'oeil, tout d'abord aux petites égratignures régulières auxquelles se livrent la majorité des politiques (pas tous, certes).
C'est aussi et surtout un dessin qui parle de cette obligation que le système français exige : à savoir qu'une élection, c'est forcément "tuer l'autre".

Bien sûr, si on va dans la nuance, bien des candidats et élus sont motivés par l'envie de faire ou de faire mieux. Mais globalement, admettons que le jeu et le système électoral finit trop inéluctablement à des combats sans pitié durant lequel la raison se perd dans les méandres de la volonté de gagner. L'autre a tort sur toute la longueur, quoi qu'il dise. On en devient idiot, mais peu importe, on doit se démarquer et se révéler l'exacte contraire de l'autre, quitte à, une fois élu, comme c'est souvent le cas, mener des réformes qui ne sont différentes de l'autre... qu'à la marge.

Vous l'aurez compris, mon propos est d'aspirer à une autre manière de faire de la politique. Une manière où on admet que l'adversaire peut avoir raison. Une manière où on essaie de construire des convergences plutôt que des divergences (divergences si souvent artificielles). Tout cela pour mieux faire apparaître les véritables différences, sur le long terme ou sur les valeurs, mais en tout cas, des différences plus essentielles.