jeudi 25 juin 2009

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Ce film est splendide, ses images sont à couper le souffle, ... c'est sans doute un des plus percutant film en faveur d'une action rapide en faveur de la planète.
Bref : un film qui ne peut susciter qu'une grande émotion et peut transformer en flamme écologique la faible lueur qui peut exister dans l'esprit de certains.

Diffusée partout entre le 5 juin et le 7 juin dernier, elle a - et personne ne le conteste - provoqué une vague importante en faveur des listes "Europe écologie" en France.

Je m'en félicite pour les idées qu'elle valide et qui sont les miennes. Mon engagement en faveur du développement durable se reconnaît assez dans le propos que Yann Arthus Bertrand développe et qu'il a résumé ainsi : il est trop tard pour être pessimiste.

Chaque personne qui a pleinement conscience de la gravité de la situation (et tous n'ont pas leur carte chez les Verts, tous n'ont pas milité pour les listes Europe Écologie) ont le devoir de trouver toutes les formes d'engagement possible pour ne plus perdre de temps. A ma manière, mon engagement d'écologiste dans un champ politique "non" écologiste, participe de cette idée qu'il faut maintenant se partager les rôles, agir partout où c'est possible, sous une forme d'aiguillon radical (Europe écologie) ou sous une forme d'irrigation de toutes les autres sphères.

Car, sans vouloir minimiser le succès électoral des écolos, force est de constater que la partie n'est pas gagnée.
D'une part, parce qu' en fin de compte, même avec un score à plus de 10% (que je leur souhaite durable et auquel, d'une certaine manière, j'ai participé en construisant cette force au cours de mes 20 dernières années), il n'en reste pas moins qu' une très large majorité (plus de 80%) des électeurs ne sont pas encore convaincus qu'un tel vote est une priorité (voter écologiste nécessite de considérer que cette question est première dans son choix. Or, je pense que dans le choix de bien des électeurs qui n'ont pas voté "écologiste", la considération pour la planète est forte mais pas première. Il faut donc en tenir compte dans les partis généralistes car l'électorat le réclame. C'est le travail que j'ai décidé de mener.
La partie n'est pas gagnée car au final, il faut une majorité, même relative, pour avancer vite. Cette majorité doit-elle forcément s'inscrire dans un des anciens camps ? Je continue de ne pas le penser tant il est faux de penser que les 16% d'électeurs pour l'écologie du 7 juin dernier sont tous des électeurs qui votent à gauche (ce que pensent actuellement les Verts- et, au regard du passé de tous ses leaders, c'est naturel si je puis dire). Il est vrai aussi que 60% des électeurs n'ont pas voté et que les 16% recueillis par l'écologie le 7 juin dernier, ce n'est finalement que 16% de 40%. Et surtout, ne négligeons pas l'émotion populaire liée au film Home qui est le propos de mon billet.

En l'occurrence, sur ce dernier point, comme je le disais : il y a eu émotion.

Je ne vais pas ici développer la théorie du complot même si j'ai du mal à croire au hasard (heureux complot cela dit... pour une fois !). Mais je voulais revenir sur ce phénomène et j'ai volontairement souhaité attendre un peu pour le faire, afin de me permettre une analyse à froid et ne pas m'enfermer dans cette idée de complot, mais plutôt revenir sur tous ces miroirs grossissants ou déformants de notre démocratie qui peuvent nous faire exagérément espérer autant que désespérer.

Si cette émotion a bénéficié à une vision du monde que je partage, elle aurait aussi bien pu bénéficier à une vision différente que je ne partage pas. C'est en cela que je veux me méfier des effets ponctuels et que, relisant quelques notes et articles, cette prudence n'est pas nouvelle dans la réflexion de nos démocraties.

Dans mon périple aux États Unis, j'ai appris notamment qu'une des raisons pour laquelle le Sénat américain, véritable pilier central de la démocratie américaine, est renouvelé par tiers tous les 2 ans, c'est pour que tout changement soit le résultat d'un mouvement de fond dans la société et non le résultat d'une émotion populaire passagère.
Si on peut penser que cela révèle une méfiance vis à vis du peuple, je dois reconnaître que l'évolution actuelle de nos campagnes électorales a quelque chose d'inquiétant.

Nous l'avons vécu lors de cette campagne européenne.
Les cotes de popularité et les sondages indexent non seulement la tonalité des articles de journaux, des émissions de tv et de radios, mais aussi, et c'est plus ennuyeux, l'humeur des candidats, de leurs équipes et des électeurs eux-mêmes.
On a beau émettre les plus grandes réserves sur les sondages, la vérité est que leur abondance rend le microcosme politique et médiatique totalement dépendant et enlève à ces derniers quasiment tout recul.

Il en va de même de l'effet de l'actualité sur l'opinion publique et de l'exploitation immédiate qui en est faite presque sans réserve par les politiques et les journalistes. Ce qui serait juste, c'est l'émotion populaire majoritaire. La mesure, la relativisation des faits, la pondération, le réalisme face à une situation évidemment plus complexe qu'elle n'y parait, interviennent (quand ils interviennent !), plusieurs jours ou plusieurs semaines plus tard... et on notera d'ailleurs que plus le temps passe, plus l'analyse à froid, parfois plus proche de la réalité, devient l'expression de quelques médias confidentiels.

Tout cela me conduit à penser qu'il serait malheureusement hâtif, comme je le lis et l'entends partout, que, ça y est, le temps des écolos serait arrivé. Les effets de surprise sans lendemain aux européennes sont fréquents, sinon systématiques. Et les effets d'une émotion populaire d'un film pourraient bien n'être que passagers. Mais pour le coup, si je ne me désole pas du tout du peu de lendemain de la démarche de Bernard Tapie aux européennes de 1994 ou de Philippe de Villiers et Charles Pasqua aux européennes de 1999, je me désolerais davantage d'un abandon de l'urgence à poser des solutions aux défis climatiques et d'érosion de la biodiversité au motif que les écologistes feraient moins bien aux prochaines élections. Bref, j'ai le sentiment que plus que jamais, soyons dans le constructif, et n'indexons pas l'avenir du développement durable au plus ou moins bons scores des écologistes aux élections... sinon, ce sera le jeu de yoyo électoral permanent. D'où la nécessité de conforter, aussi et surtout, la montée en puissance de discours, de propositions, et d'actes, dans tous les partis... loin des considérations émotionnelles, mais en profondeur.

mardi 23 juin 2009

TAXE ENERGIE, un enjeu de la présidentielle de 2012 ?

Avec la mise en place d’une commission d’experts, la réflexion sur une taxe énergie a été enfin lancée.

Oublions la polémique sur l’identité du président de ce groupe d’expert, Michel Rocard. Elle a une importance inversement proportionnelle à l’enjeu du sujet traité. Car on doit d’abord se féliciter du fait qu’on commence à voir le début de l’existence d’une taxe énergie-carbone.

Je voudrais, en préambule au sujet lui-même, revenir sur ce qui a été annoncé en terme d’objectif donné à cette commission : trouver un consensus sur le sujet. J’ignore si l’usage du mot « consensus » est le terme exact employé, mais toujours est-il que je trouve cet objectif irréaliste. La recherche de consensus revient bien souvent à l’enterrement des solutions au motif que tout le monde n’est pas d’accord. Je connais peu de sujet sur lesquels une unanimité puisse se faire jour. Et comment en serait-il ainsi sur un élément aussi profondément novateur ? J’inviterais volontiers les protagonistes de cette réflexion à se donner plutôt un objectif de large majorité plutôt que de consensus. Cela me rappelle d’ailleurs les débats forts passionnants qui nous ont agité pendant la dernière campagne électorale des européennes. J’avais en effet fortement plaidé (et je continuerai de le faire) pour qu’on mette un terme aux décisions à l’unanimité au plan européen. L’unanimité (équivalent formel du consensus), ce n’est pas la démocratie. C’est la loi du blocage, de l’absence de décisions, et du report de toute réforme au motif qu’elle déplait à un seul,… aussi minoritaire soit-il. Mais pour être complet dans ce préambule, j’ajouterais qu’il faut néanmoins, dans cette recherche de majorité large, ne pas léser un ou plusieurs pans entiers de la société au motif qu’ils seraient très minoritaires. Il peut arriver parfois que l’intérêt général ne soit pas forcément celui de la majorité et que le fait de léser trop gravement un ou plusieurs secteurs de la société qui seraient minoritaires au moment de la décision, finisse, via des mécanismes d’effets collatéraux indirects, par nuire à la société toute entière. En résumé, il est positif de tenir compte de tous les impacts d’une taxe-énergie, mais n’hésitons pas toutefois à avoir l’audace de faire un choix qui pourrait ne pas convenir à tous, dans l’immédiat.

Mais on le voit bien dans d'autres domaines, quand on attaque un problème par le biais économique, dans un sens incitatif ou contraignant, on avance plus vite. Doit-on enfoncer une porte ouverte en rappelant qu'un des moteurs des sociétés humaines, et depuis fort longtemps, est le commerce et l'économie ? Il est dès lors tout simplement réaliste de ne pas chercher à contrecarrer cette nature profonde, mais bien plus posément de la réguler ou de la canaliser pour la rendre durable. Car observons que cette nature humaine est bien aveugle et, sans guide, elle va à l'essentiel, au plus efficace : le profit rapide. Le long terme, la considération de justice sociale et aujourd'hui la sauvegarde de la planète sont des éléments moraux qu'on ne peut demander au « marché libre » d'intégrer de son propre gré. Il ne le fera que s'il y est contraint, et plus encore s'il y trouve son intérêt.

Et nous voilà peut-être au coeur du sujet.

L'économie a besoin de durabilité. Il y a quelque chose de l'ordre de la lapalissade que de dire que pour durer, il faut être durable. Et pourtant, nous constatons encore trop que le développement économique et le développement durable se contredisent. Quand on prend l'exemple de la pêche, par exemple, on comprend aisément de quoi on parle quand on dit qu'il faut avoir un comportement durable pour durer. En l'occurrence, une économie qui ne fonctionne que sur l'exploitation intensive d'une ressource non renouvelable n'est, par définition, pas durable.

C'est donc par la construction de nouvelles richesses, basées sur des ressources renouvelables (énergétiques et de matières premières), que nous réussirons le pari d'éviter, à terme, notre propre autodestruction.

Cette construction est possible si la politique économique et fiscale s’axe sur la démonstration qu’il peut y avoir création de richesse au moins équivalente à celles aujourd’hui en place en pensant durable dans chaque activité économique.

Cette logique dans laquelle semble s’orienter la réflexion de la commission d’expert, j’y ai toujours été favorable car je défends depuis longtemps l’idée - contre bien des écologistes français d’ailleurs - que le système économique actuel, destructeur de la planète, changera de l’intérieur, en utilisant des outils et des logiques qui sont les siens. Il me semble en effet bien plus utopique de vouloir la mort du capitalisme que de sauver la planète. Dès lors, changeons le capitalisme pour le rendre compatible avec les enjeux écologiques.

Parmi les armes de régulation existantes, l’outil fiscal est puissant. Je vois donc dans l’émergence d’une fiscalité écologique, une formidable opportunité de réorienter les productions les plus impactantes sur l’environnement. Les bonus-malus et autres formules de ce type sont les embryons de cette fiscalité. Tout l’enjeu aujourd’hui est d’avancer sans hésitation, quitte à faire des erreurs, afin que l’expérience nous permette de trouver les outils les plus efficaces.

La proposition aujourd’hui mise en chantier : la contribution « énergie climat » n’est d’ailleurs pas le seul outil fiscal. Mais il sera un élément symbolique et fort s’il réussi à se mettre en place

Ne jouons d’ailleurs pas sur les mots. Il s’agira bien d’une taxe. Le mot « contribution », censé rassurer celles et ceux qui ne supportent plus le mot « taxe » ne trompe personne. Mais si on reste sur les mots, la nuance qui, elle, a de l’importance, est d’appeler cette taxe « carbone-énergie » et pas seulement « carbone ». Car derrière cela, se profile l’idée que c’est bien la consommation énergétique qui sera taxée et pas seulement les émissions de Co2.

En effet, qui dit réduction des émissions de Co2, dit en réalité, réduction des consommations énergétiques de toute nature. Il est donc judicieux de faire le lien entre les deux, et de vouloir – enfin – taxer les énergies… toutes les énergies, y compris celles qui sont peu ou pas émettrice de Co2. Même si on doit évidemment prévoir une différenciation dans le taux appliqué pour une énergie fossile au regard d’une une énergie renouvelable, mais globalement, l’idée d’aller vers la réduction des consommations doit concerner toutes les énergies.

On peut même aller plus loin comme le suggère de nombreux experts qui se sont penchés sur la question. Et on pourrait imaginer que le taux global de taxation qui pèse sur la société reste à un niveau égal à celui qu’il est actuellement, mais répartir autrement les prélèvements. Ainsi, prélever des recettes fiscales sur les énergies pourraient permettre de dégager un fonds qui viendrait compenser une baisse d’un autre prélèvement, par exemple celui opéré aujourd’hui sur le travail. Sans doute aurions-là réponse à ceux qui plaideront pour une taxe réduite au motif que la pression fiscale globale a atteint ses limites. Raisonnons en vase communiquant me semble plus prometteur : à savoir que chaque nouvelle taxe ou prélèvement à caractère écologique viendrait en remplacement d’une taxe ou d’un prélèvement existant et qu’on réduirait ou supprimerait. Cette logique a le mérite de rendre plus populaire et donc acceptable cette nouvelle taxe. Cela étant, j’imagine fort bien que dans ces périodes de fortes demandes en fonds publics pour financer des plans de relance, la manne d’une taxe énergie viendrait sans doute à point nommé.

Toutefois, le mécanisme n’est pas aisé à trouver car se pose la question du calcul du montant du taux basé sur la quantité d’énergie utilisée pour le produit qu’on envisage de taxer. La chose devient encore plus complexe si on veut tenir compte de l’origine de l’énergie qui, plus elle serait renouvelable, moins la taxe serait élevée.

Prenons l’exemple de la fameuse « fraise » d’Espagne vendue dans un supermarché de Strasbourg.

Il faut d’abord tenir compte de la quantité d’énergie nécessaire pour la faire pousser. Le chauffage de la serre, l’énergie nécessaire pour l’arrosage. Il y a les coûts en amont : la quantité d’énergie nécessaire pour fabriquer les vraisemblables intrants (engrais, phytosanitaires). A ce stade, on peut réussir à calculer un ratio kg de fraises/quantité d’énergie/carbone émis. Mais vient ensuite le transport entre le lieu de production et le supermarché de Strasbourg. Cela implique un contrôle du circuit effectué (on pourra difficilement faire mieux que de faire un calcul a priori de la distance parcourue et partir du principe que cela s’est forcément fait en camion. Mais il faudra savoir la taille du camion et le volume transporté pour faire un nouveau ratio kg de fraise transporté/énergie consommée pour le transport/carbone émis). And last but not least, il faudra mettre le sujet sur la table du conseil des ministres européens car il parait inimaginable de taxer un produit à la frontière entre 2 Etats de l’Union européenne. Sur ce dernier point, notons que la Suède, qui présidera l’Union européenne à partir du 1er juillet prochain, compte bien proposer une telle taxe au plan européen.

Voici quelques uns des obstacles que j’identifie (et il en est peut-être d’autres). Pour autant, aucun ne me semble incontournable. Car au final, le guide de l’action est de rendre juste le fait qu’une fraise produite dans la périphérie proche de Strasbourg soit moins chère que celle produite en Espagne. La taxe carbone-énergie servira à cela. Le consommateur est « orienté » dans ses choix, et le producteur local est soutenu de fait.

Il va d’ailleurs de soi que si une telle taxe voyait le jour, elle permettrait de l’appliquer, bien entendu à tout produit intra-communautaire, mais aussi et surtout à tous les produits en provenance de Pays non européens. Même si cela devait être considéré comme une mesure à caractère protectionniste, bien que je ne sois pas un chaud partisan du protectionnisme, je suis encore moins idéologue en quelque domaine que ce soit, et je dois reconnaître que s’il s’agit de corriger des aberrations écologiques, il serait idiot d’y renoncer.

Sans vouloir ouvrir de parenthèse trop longue, j’imagine fort bien que des taxes douanières à l’entrée de l’Union puissent rétablir un certain équilibre dans ce qu’on peut qualifier de concurrence faussée. En effet, un produit européen intègre dans son prix de vente les contraintes règlementaires environnementales et sociales que n'intègre nullement un produit chinois ou indien. Une taxe carbone-énergie en serait une de plus. Il me paraîtrait contre-productif de ne pas tenir compte de cela au risque de nuire gravement à la compétitivité des entreprises européennes. Dès lors, je pense qu’il faut, d’entrée de jeu, penser plus sérieusement à un taxe douanière à l’entrée de l’Union européenne qui imposerait aux produits non européens l’équivalent du surcoût environnemental et social qui s’impose aux produits européens. Sans quoi, ce sont toutes nos protections environnementales et sociales qui finiraient par être menacées par un nivellement par le bas mondial. Et c'est, au passage, la taxe carbone-énergie, qui deviendrait bien impopulaire auprès de nos entreprises.


Au-delà de la taxe sur les produits, on peut ajouter un taux appliqué au ménage calculé sur leur factures énergétiques annuelles que chacun serait tenu de déclarer dans sa déclaration annuelle de revenu (dans une nouvelle rubrique : charges énergétiques). Un taux serait appliqué aux entreprises selon un mode déclaratif voisin de celui indiqué pour les particuliers. Et enfin et surtout, un taux devrait être appliqué aux distributeurs d’énergie (calculé sur un pourcentage de leur bénéfice annuel… qu’on sait importants). Il va de soi que, pour les ménages et les entreprises, un système d’allègements fiscaux ou de crédits d’impôts permettrait de tenir compte de critères sociaux et de la situation financière des entreprises.

Un mot sur le marché carbone (protocole de Kyoto).

Cette mesure de taxe carbone-énergie vient en complément des mécanismes déjà à l’œuvre au plan international (qui ne concerne que 40% des émissions) : à savoir le marché de permis à émission de Gaz à effet de serre. Ce mécanisme permet à des gros émetteurs, dépassant leur quota d’émission annuel, de racheter des droits à émission sur le marché des quotas ou de compenser ses excédents d’émission en finançant des opérations dites de « compensation » (tout investissement qui permettrait d’économiser ou d’absorber l’équivalent des carbones trop émis). Sur ce dernier point, je note que les investissements dits de « compensation » ne sont valables que dans les pays en voie de développement. Je m’interroge sur l’intérêt de limiter ces investissements dans les pays en voie de développement. Non pas qu’il faille léser les pays en voie de développement pour lesquels j’imagine plutôt au moins un doublement de l’aide au développement conditionné à des investissement dans le durable, mais quand je vois les difficultés à trouver les financements pour isoler le bâti ancien sur nos territoires, je pense que nous aurions, via les investissements de compensation, un outil financier efficace pour l’isolation du bâti ancien. Je n’invente d’ailleurs rien à ce sujet car, revenant des Etats-Unis, j’ai noté que l’Etat de l’Oregon a mis en place, à son échelle, un tel système. Les entreprises émettant trop de Co2 sont invitées à compenser en finançant des opérations d’isolation des bâtiments, y compris chez des particuliers.

Tout cela étant dit, surtout si le consensus doit prévaloir, et au regard de toutes les questions en suspens, voyant le calendrier défiler, il est fort probable que la question devienne un enjeu de la prochaine présidentielle... et c'est tant mieux !


vendredi 19 juin 2009

Chroniques de la vie politique


Dans la suite de la sortie, le mois dernier, de mon dernier livre de dessins (Petit Traié d'anthropophagie politique - en vente dans toutes les librairies du Grand est et à Paris ou sur commande sur le site de la nuée bleue), avec des textes de Huguette Dreikaus, je me lance dans la publication d'une série de dessins, publiés dans ce livre ... ou inédits.

Et je serai à la disposition de lecteurs de ce blog pour les commenter.

Sachez quand même, que, dans la plupart des cas, c'est du vécu ;)

mercredi 3 juin 2009

les sondages

Je dois dire qu'à force, je suis mithridatisé avec les sondages.


La réalité est résumée dans les toutes premières lignes d'un article que j'ai lu sur le site Agora Vox (analysant l'écart entre les sondages des présidentielles et le résultat final) : "dès lors qu'ils sont publiés, les sondages influencent potentiellement le vote". Ce seul constat en fait une arme politique redoutable.

Ils ont une sorte de statut d'"objectivité" qui s'opposerait à la "subjectivité" des arguments développés par les partis.

Ainsi, on reçoit ces sondages comme une sorte de résultat avant l'heure, un état de l'opinion des électeurs avant le vote lui-même.

Quand un parti s'attaque à un autre, on l'écoutera peu car son objectivité est soumise à caution. Par contre, un sondage qui placerait un parti en incapacité de gagner détourne de fait une catégorie d'électeurs qui, par esprit de réalisme, anticipe le départage entre 2 gagnants potentiels.


Quand je dis que je suis mithridatisé, c'est que je ne fais finalement que peu de cas des sondages. Comme tout le monde, quand ils sont bons je me réjouis, quand ils sont mauvais je suis inquiet. Mais au fond, je sais qu'ils n'ont aucun caractère d' "objectivité" et de "neutralité".


En effet, les instituts appliquent systématiquement des correctifs dans leurs résultats publiés. Ces "triturages" m'interpellent. Les correctifs partent du constat que les gens ne disent pas forcément leurs réelles intentions ! Un sondage est donc une alchimie entre ce que le sondeur entend du sondeur et une ré-interprétation du sondeur lui-même basé sur des formules comparées avec les sondages et élections passées. A quoi, je n'exclue nullement des petits correctifs distillés pour plaire au commanditaire dont on sait ce qu'il aimerait lire. Difficile de défendre que c'est d'une totale objectivité !


De plus, qui peut croire que, dès lors qu'ils influencent les votes, les sondages ne sont pas utilisés aujourd'hui, précisément pour influencer le vote ?


A l'heure d'un internet sans frontière, je vois mal comment nous pourrions limiter leur usage. Je veux simplement plaider en faveur d'une plus grande transparence sur les commanditaires (tous les commanditaires) des sondages et inviter tout le monde à comprendre que beaucoup de sondages sont à mettre au même niveau que tout autre argument de campagne distillé par tel ou tel parti contre tel ou tel autre... c'est à dire, bien souvent, avec le même degré de subjectivité et de partialité.


Les sondages participent aujourd'hui pleinement de toute campagne électorale et sont l'objet de toutes les manipulations. Leur caractère "campagne masquée" ne doit pas nous leurrer. On les écoute et les commente au moins autant que les arguments des candidats. Pour rester maître de nos choix, écoutons les candidats, ce qu'ils disent, ce qu'ils font et ont fait et invitons les électeurs à rester eux aussi, maître de leurs choix car c'est eux qui décident, pas les sondages.

lundi 1 juin 2009

Dimanche, nous voterons

Encore quelques jours avant d'aller, toutes et tous, dans l'isoloir, pour déposer un bulletin dans l'urne.

Pourquoi aller voter ? Pour qui voter ?
J'ai le sentiment d'avoir déployé tout l'argumentaire dans cette campagne que je mène depuis plus de 2 mois.

A ce stade, j'ai très simplement envie de vous dire quelques impressions :

Sur l'abstention et l'engagement politique d'abord :

Le geste du vote est le degré 1 de l'acte citoyen. Le degré 0, c'est ne pas aller voter. Il est un minimum en démocratie... il n'est en aucun cas un acte accompli et complet. Mais que de peuples dans le monde aimeraient pouvoir glisser, comme nous, librement, un bulletin de vote dans une urne transparente ! On ne se rend compte du poids du droit de vote que lorsqu'on ne le possède plus et qu'on subit le joug d'un régime autoritaire.

Le degré 2 de l'acte citoyen, c'est de faire de la politique. Non pas forcément comme je le fais avec mes colistiers ou toutes celles et ceux qui sont candidats sur d'autres listes...
Il y a des centaines de façons de faire de la politique en réalité, car faire de la politique, c'est s'engager dans la vie de la cité, c'est donner son avis, défendre son point de vue publiquement, organiser des groupes de citoyens qui pensent comme vous pour défendre collectivement votre idée... et aussi, parfois, c'est avoir le courage de courir le risque de subir des représailles (heureusement, que, dans l'Histoire, ce courage a existé...). C'est avoir l'émotion de braver un fort pour faire valoir le droit du faible. C'est aussi, si on veut réellement s'inscrire dans le réel et la réalisation, avoir la sagesse de construire des majorités pour mettre en pratique ce qu'on a revendiqué. C'est tout cela, et c'est passionnant. C'est pour cela que nous votons, c'est pour cela que je fais de la politique.

Sur mon engagement sur la liste du mouvement démocrate :

Le sens de mon engagement aujourd'hui, il est d'abord et simplement celui de vouloir modestement améliorer le quotidien de tous. Cela semble être une porte ouverte que j'enfonce, et pourtant, ils sont nombreux, les candidats, qui n'ont (plus) cet objectif !
J'y ajoute évidemment que nos générations intègrent plus que jamais l'idée qu'à l'amélioration du quotidien des humains, s'ajoute celui de la planète sur laquelle nous vivons.

Il y a urgence à agir pour freiner la folie climatique et la disparition des espèces.
Face à l'urgence, il faut changer les moyens d'action.
Il faut viser l'efficacité dans l'action, préférer la recherche de solution à la dénonciation des problèmes, tenir compte du réel pour avancer, vouloir vraiment convaincre ceux qui ne le sont pas, offrir des horizons de sortie plutôt que se complaire dans l'impasse du catastrophisme.

Il est un temps pour tout.
Comme je le disais plus haut, la politique, c'est souvent, pour commencer, un regroupement de gens qui pensent la même chose et qui construisent un rapport de force. Mais ce doit être, au bout d'un moment, une sagesse de l'action.

Si l'action politique est un moyen et un outil pour mettre en application ses convictions, alors il faut préférer la construction de majorités d'idées à la revendication solitaire. J'ai de plus l'intuition que pour construire cette majorité basée sur le développement durable, nous nous accommoderont mal des anciens clivages. Je ne peux, en effet, que constater que des majorités nouvelles et fortes sont possibles sur le développement durable...
... et qu'elles sont en réalité empêchées par les anciens clivages.

C'est pour cela que j'ai fait le choix de m'engager, comme d'autres écologistes qui partagent avec moi cette forme de réalisme, au Mouvement démocrate. Mouvement neuf, ouvert plus que tout autre grand parti aux idées du développement durable, mouvement qui s'est donné tous les atouts pour ouvrir les possibilités de nouvelles majorités basées sur les idées et non plus les étiquettes.

Puissiez-vous convaincre autour de vous que le 7 juin, dimanche prochain, est un moment important pour donner du poids au point de vue de que je viens de développer.