vendredi 14 août 2009

SECHERESSE et MAÏS



Cette étrange chose en photo est un de mes trophée de guerre.
Il s'agit d'un maïs pris dans un champ irrigué dans le centre de la France, durant l'été 2005, en pleine sécheresse.
Figé dans la position où je l'ai immortalisé, je l'ai très inhumainement privé d'eau... ce qui explique sa langue sortie (attitude fréquente chez le maïs qui a soif).

Plaisanterie mise à part, je note que les étés se suivent et ... se ressemblent :
Chaque été, plusieurs régions françaises ont soif. En 2005, les décrets préfectoraux se faisaient attendre pour les restrictions d'irrigation, et dans le même temps, la ministre de l'écologie d'alors demandait aux français de prendre moins de douches.
Aujourd'hui, les décrets sont là, et les champs de maïs également.

L'occasion m'est donc donnée de rappeler ce que je disais en 2005 et que je continue de penser aujourd'hui.

Tout d'abord, il est juste de rappeler que les usages de l'eau sont très majoritairement le fait de l'irrigation des cultures et non d'un usage des particuliers. Ceci n'exonère pas les particuliers de tout effort d'économie de l'eau, mais replace les priorités d'action là où elles doivent être.
Deuxièmement, il est juste de dire que la culture du maïs est parmi la plus consommatrice d'eau.
Il est également juste, comme je l'ai entendu dire par un Préfet, que le maïs sert à nourrir le bétail qui, s'il n'avait pas ces céréales, obligerait les éleveurs à le faire venir d'autres continents (importation pourtant existante malgré tout car la production céréalière nationale, à ma connaissance, ne suffit pas à nourrir tout notre bétail).

MAIS, la réalité qui est infiniment plus préoccupante est la pénurie d'eau maintenant récurrente. Le changement climatique y est pour quelque chose et on doit donc faire avec la sécheresse durablement.
J'ajoute que depuis plusieurs années maintenant, la profession agricole, du fait de pratiques impactantes sur l'environnement, continue de se traîner une mauvaise image auprès de la population. Je m'en désole plus que je m'en réjouis, car nous avons besoin des agriculteurs pour nourrir les gens et un des enjeux des prochaines années, c'est de trouver enfin des solutions dans les méthodes agricoles qui soient moins impactantes sur l'environnement et qui, j'en suis convaincu, amélioreront mécaniquement l'image des agriculteurs dans l'opinion publique.

En l'occurrence, pour le maïs, ma solution est de pousser de manière incitative (voire obligatoire dans les départements les plus touchés par les sécheresses à répétition) à des cultures ou des pratiques fourragères moins gourmandes en eau :
La plus évidente est évidemment de redonner au bétail des hectares de pâtures.
Mais pour répondre plus directement aux besoins immédiats dans les exploitations qui dépendent du maïs, il faut remplacer la culture du maïs par des cultures nettement moins gourmandes en eau comme le sorgho par exemple.

lundi 3 août 2009

Lincoln et Obama

Je ne résiste pas à l'envie de vous inviter à vous procurer cette émission diffusée samedi 1er août sur France Culture, consacrée à Abraham Lincoln :

On y apprend mille choses intéressantes. Mais on y apprend surtout qu'Abraham Lincoln était républicain et que les républicains étaient contre l'esclavage.
On y apprend qu'en ce milieu du 19° siècle, les partisans de l'esclavage étaient les démocrates.
On y rappelle que le grand modèle de l'actuel Président américain, Barack Obama, le démocrate, est ... Abraham Lincoln le républicain.

Et alors me direz-vous ?
Et alors, ... il est bien utile, en distraction d'été radiophonique, de méditer sur quelques pages de l'Histoire. Les étiquettes politiques sont décidément d'une grande relativité. Voilà confirmé - si cela devait l'être - qu'on devrait toujours juger ceux qui décident en fonction de ce qu'ils font et pensent avant de les juger sur l'étiquette qu'ils portent.
Comme disait l'autre : "l'habit ne fait pas le moine".