samedi 26 février 2011

Premières impressions après quelques semaines de révolutions dans les Pays arabes

Le courage et la détermination des Libyens à en finir avec leur dictateur sanguinaire en disent long sur l'envie qui existe dans ces pays de se libérer d'un joug autoritaire qui n'a que trop duré.
Les justifications du gouvernement français, s'expliquant sur sa complaisance à l'égard de ce fou accueilli en décembre 2007 en grande pompe par le ban et l'arrière ban de l'Elysée, sonnent faux. La question est : aurions-pu nous douter à l'époque qu'il était fou à ce point ? La réponse n'est pas dans le doute ou la réal-politik comme tend à nous le faire admettre notre diplomatie élyséenne. La réponse est certaine : Oui, on aurait pu s'en douter et on aurait du éviter cette prosternation et cette mise en sourdine honteuse de tous nos principes et valeurs républicaines pour un individu dont il était déjà certain à l'époque qu'il était capable de ce qu'il est en train de commettre aujourd'hui et qui révulse tout le monde.

Chaque mort est un soutien de plus dans le camp des démocrates contre les dictateurs. Les révolutions tunisienne, égyptienne et plus encore libyenne donnent aux peuples le sentiment réel que les changements de régimes, aussi déments soient-ils, sont possibles.

Ceci conduit à penser et souhaiter que les prochains sur cette liste sont ces fous de Téhéran. Non seulement l'exemple libyen montre au peuple iranien que tout est désormais possible, mais en plus, ce régime théocratique aura réussi à détourner, je le pense, les autres peuples de toute envie de se tourner, en remplacement de leurs tyrans soi-disant laïcs, vers des tyrans religieux.
C'est pourquoi, les freins plus ou moins importants que nos pays occidentaux ont posé à ces révolutions au motif d'un danger islamiste, ont quelque chose de déplacé, de peu courageux, peu clairvoyant, ou pour ainsi dire, de contraire au plus élémentaire humanisme qui est ce qu'on peut souhaiter de mieux à tout peuple.

Enfin, dernière remarque au regard de ces évènements : ces révolutions sont une sorte de revers positif de la médaille tant décriée de la mondialisation. Car à y regarder de près, la mondialisation c'est certes cette économie sans morale qui nous a mis à terre avec une folie des marchés financiers non régulés (et toujours pas régulés), mais c'est aussi une toile d'information, de communication, d'universalité de liberté à laquelle chaque individu aspire légitimement. La mondialisation a balayé cette idée selon laquelle les Droits de l'Homme et la démocratie étaient des idées qui n'avaient d'application qu'en occident. Il s'est révélé avec internet et l'augmentation des déplacements des hommes aux 4 coins de la planète qu'il y avait des valeurs universelles auxquelles tous les peuples estiment avoir droit aujourd'hui.

vendredi 25 février 2011

Le développement de l’énergie « solaire » en France est freiné par le gouvernement

Les projets d’arrêtés et de décret relatifs au photovoltaïque sont rendus après un gel brutal et préjudiciable des dispositifs de soutiens à cette filière.

Dans la méthode, pour tout soutien à une filière, si des ajustements peuvent s’avérer nécessaires, ce qui était admis par tout le monde, la méthode brouillonne du gouvernement d’agir en ce domaine depuis 2006, conclue par ce moratoire, ont gravement insécurité les investisseurs qui ont pourtant besoin de voir à long terme et qui ont pu à juste titre perdu confiance dans les pouvoirs publics français.

Les ajustements proposés maintiennent fort heureusement le principe d’un soutien public au photovoltaïque, mais de nombreux points restent aujourd'hui’hui insuffisants, et le labyrinthe réglementaire restera un frein.

Or, tout ceci ne peut faire fi d’une situation mondiale tendue sur le plan des énergies fossiles (pétrole et gaz principalement). A ce titre, le gouvernement français serait bien inspiré de prendre exemple sur ce que vient d'annoncer le gouvernement espagnol qui, au regard de la hausse du prix du baril, a décidé de réduire de 10km/h la vitesse sur autoroute et de baisser les prix des billets de train de 5%.

A moyen et long terme, le développement des énergies renouvelables et des économies d’énergie est donc de plus en plus une voie incontournable à propos desquelles toute hésitation est une perte de temps lourde de conséquence pour nous et les générations futures.

Les décisions prises ne garantissent donc aucunement l’avenir de cette filière qui devra bien davantage compter sur un contexte économique qui la rendra plus concurrentielle au regard de l’envolée du prix des autres énergies non renouvelables. Les énergies renouvelables en France connaîtront un avenir certain, pour des raisons économiques et non grâce aux pouvoirs publics.

lundi 21 février 2011

Rapport de la Cour des comptes et énergies renouvelables

Le rapport annuel de la Cour des comptes pointe, comme chaque année, un certain nombre de dysfonctionnement et gabegies dans l'usage du denier public.

Force est de constater que les remarques faites sont rarement infondées, injustifiées et négligeables dans les montants épinglés.

L'utilité des travaux de cette institution est d'autant plus criante quand les manquements au bon usage de l'argent public sont constatés dans un contexte de déficit public abyssal.

Mais la force et la pertinence de leurs remarques n'ont d'égal que leur faible impact sur les auteurs des gabegies.

Incontestablement, une évolution des prérogatives de la Cour des comptes est aujourd'hui nécessaire afin que les recommandations aient un caractère plus contraignant même si ceci peut atteindre des politiques qu'on soutient. Car critiquer pour améliorer une politique n'est pas la condamner... bien au contraire. Par exemple, dans son rapport annuel, la Cour critique le financement des énergies renouvelables.

Loin de le remettre en cause, cette critique doit permettre d'améliorer l'impératif de soutien public aux énergies renouvelables.

Faire reposer le financement public des énergies renouvelables sur la seule consommation électrique est une question qui mérite en effet d'être posée.

Elle pourrait par exemple nous inviter à imaginer que les autres énergies non renouvelables telles que les énergies fossiles soient soumises à contribution pour le développement du renouvelable.

Ceci est d'autant plus souhaitable que les producteurs et distributeurs de ces énergies fossiles, tels TOTAL qui réalise un bénéfice de plus de 10 milliards de dollars en 2010, engrangent aujourd'hui des profits considérables, et reste, entre parenthèse, très ambigu sur ses projets de prospections de gaz bien peu durables dans nos sous-sols ou dans les grands fonds marins.

De plus, l'intérêt public à développer le renouvelable est précisément à des fins de réduction de notre dépendance aux énergies fossiles et la réduction des émissions de gaz à effet de serre dont sont précisément responsables les énergies fossiles.

samedi 12 février 2011

Florence Cassez : ne pas se tromper de cible avec les artistes mexicains

Quelque chose me dérange dans la réaction de la France et des responsables politiques de l'UMP et du PS.

D'une part, il y a cette condamnation d'une française par la justice mexicaine pour des faits qu'elle nie et nombreux sont ceux qui, y compris au Mexique, dénoncent une décision qui semble avant tout politique et dont l'instruction a de trop grandes failles, trop peu de preuves.

D'un autre côté il y a l'année culturelle du Mexique en France avec des manifestations prévues un peu partout. Des artistes se sont déplacés, engagés et réjouis pour ces manifestations. Et du jour au lendemain, sans qu'ils aient une quelconque responsabilité dans cette affaire (et peut-être y en-a-t-il même qui pourraient soutenir F Cassez), on envisage d'annuler des manifestations culturelles (ce que vient d'ailleurs de faire Martine Aubry à Lille par exemple) !

Il y a quelques années, j'ai pris la défense d'une association franco-iranienne qui voulait organiser une exposition d'un peintre iranien, réfugié en France depuis plus de 20 ans, dans une institution régionale en Alsace. Et, quelques semaines avant le vernissage, Ahmadinejad tenait des propos déments et outranciers contre Israël. L'institition régionale annula l'exposition.

Non, je ne suis décidément pas d'accord. Les artistes d'un pays ne sont pas redevables de l'attitude de leurs gouvernements... plus souvent d'ailleurs en sont-ils le contre-pouvoir.

Que la France ouvre une crise diplomatique avec le Mexique, ceci est une affaire de chancelleries, une affaire entre diplomates, entre gouvernements. Mais ne prenons pas les artistes des pays respectifs en otage... ils n'y sont pour rien et n'y peuvent rien.

vendredi 11 février 2011

Gaz de schiste : pas un sujet selon Total

Le patron de Total, Monsieur de Margerie, indique à l'AFP, agacé, que la question du gaz de schiste (ce gaz disséminé dans la roche qui, s'il existe, doit être extrait par explosif et injection d'un mélange d'eau et de produits chimiques toxiques pour les nappes) n'est pas un sujet, qu'aucune exploration n'est en cours et n'est envisagée. Il a même la conviction qu'il n'y a pas de ressources dans les sols français.

"Ce qui m'agace, c'est que les gens parlent soit de sujets qu'ils ne connaissent pas soit de choses qui n'existent pas", a-t-il regretté.

Bon, très bien. Il a un peu raison quand il dit qu'il y a "des gens" qui montent en épingle certains sujets pour faire peur et en tirer un bénéfice médiatique voire "électoral". C'est de bonne guerre, et tous les partis ou ONG peuvent être tentés par cela. N'a-t-on pas un Président de la République qui a fait de cette méthode une forme de gouvernance ?

Pour autant, les ravages de cette techniques aux Etats-Unis sont réels. Et le sujet n'aurait pas émergé si le Ministère de l'écologie n'avait pas ouvert la voie à cela en France en octroyant de possibles droits d'exploration. On ne fait pas tout cela (et il est certain que la seule exploration implique quelques investissements conséquents) pour ne pas espérer une exploitation future.

Mais prenons acte des propos de la Ministre puis aujourd'hui du patron de Total. La chose est "enterrée" si je puis dire.

Tant mieux, passons à autre chose. Car de sujets écologiques, il y en a pléthore autrement plus réels... à commencer par l'isolation des logements anciens ou les énergies renouvelables qui sont pour l'heure en mode "pause".

mercredi 9 février 2011

"Ollier invite tous les politiques à s'expliquer sur leurs vacances" Chiche !

Ca vient de sortir en dépêche AFP.
Le Ministre et sa femme Ministre ne voient décidément pas où est le problème quand on est en responsabilité publique et qu'on se fait offrir de jolis et couteux cadeaux par des tierces personnes (grands hommes d'affaire, chef d'Etats, ou proches de ces derniers). Bien entendu, on ne se sent redevable de rien en retour. On se demande pourquoi de telles pratiques sont totalement interdites dans certains pays du Nord de l'Europe. Ce doit être leur puritanisme protestant.

Cela étant, prenons nos ministres au mot. Je ne suis qu'un porte parole national de parti... mais je vais jouer le jeu en répondant poliment à la question posée et en espérant que nous serons nombreux à répondre à ce questionnaire que j'improvise :

Nom : Wehrling
Prénom : Yann
Fonction politique : Porte Parole du Modem
Avez-vous été au cours des 10 dernières années dans un Pays d'Afrique du Nord ? : Non

répondant "non" à cette première question je n'aurais pas à répondre à d'autres questions telles que :

Si oui : lequel ?
Vous y êtes-vous rendu par un vol régulier ?
Si non, comment y êtes-vous allé ?
Avez-vous payé votre voyage ?
Sur place, avez-vous reçu un cadeau des autorités ou de proches du pouvoir (hébergement, yacht, personnel, ...) ?

dimanche 6 février 2011

lettre au Ministre Philippe Richert

Monsieur le Ministre, cher Philippe

Ce n’est pas à rythme régulier que l’on peut avoir la distinction d’être un département épinglé par la Commission européenne, et peut-être bientôt condamné par la Cour de Justice européenne. Ce sera sans doute chose faite au sujet des derniers spécimens du Grand hamster d’Alsace que notre Bas-Rhin a le privilège d’héberger.

Dans le même temps, je lis, dans les Dernières Nouvelles d'Alsace, votre réponse au sujet de la taxe poids lourds qui se fait attendre.

Quel rapport me direz-vous ? :
Celui que vous y inscrivez dans votre réponse puisque, parlant de la taxe poids lourds, vous rappelez votre détermination à voir se réaliser le grand contournement ouest qui, comme vous le savez, avec la monoculture du maïs qui couvre 80% de nos plaines, est le plus grand prédateur de grand hamster.

A bien y réfléchir, et j’aimerais tant que vous en conveniez avec moi, d’ici quelques dizaines d’années, nos enfants admireront-ils le GCO ou regretteront-ils le grand hamster ? Je ne me risquerais pas à parier sur la première option… ;)

Bien cordialement,

vendredi 4 février 2011

L'industrie de l'énergie renouvelable est mort-née en France

Alors que la filière industrielle de l'énergie renouvelable démarrait avec grand retard en France, le leader du photovoltaïque hexagonal s'apprête à supprimer près de 50% de ses effectifs.

Il faut dire que le moratoire décrété sur le soutien au photovoltaïque par le gouvernement faisait planer ce risque sur cette filière. Si l'objectif était celui de tuer cette filière industrielle, il ne fallait pas agir autrement.

Bien sûr, il y avait un effet d'aubaine pour certains revendeurs, et il fallait revoir les dispositifs pour dégonfler une bulle qui grossissait au dépens du contribuable. Etait-il besoin d'agir aussi brutalement et sans précaution ? Ne pouvait-on ouvrir un processus avec des transitions progressives permettant aux filières de s'adapter aux nouvelles règles qui auraient pu être davantage sur le soutien aux industries et aux productions plutôt qu'au marché ?

Non, de toute évidence, il fallait mettre à terre cette filière naissante avant qu'elle ne prenne trop de poids, trop de part de marché sur ... sur quoi au juste et au nom de quoi ?

Bien sûr que la technologie n'est pas parfaite et doit encore s'améliorer. Mais le nucléaire était-il parfait à ses débuts et n'a-t-il pas eu besoin massivement de fonds publics pour son développement et son essor ? Quant aux énergies fossiles, plus loin de nous, les premières machines qui les consommaient sans retenues étaient-elles parfaites ? certainement pas. Et puis, qui oserait dire qu'un jour le photovoltaïque ou l'éolien pourraient causer la mort près de 4000 personnes du fait de l'explosion d'une unité de production ainsi que le fit la centrale nucléaire de Tchernobyl ? Arrêtons donc de charger aussi lourdement et malhonnêtement la barque d'une filière renouvelable à qui on ne veut pas donner sa chance.

Au travers de cette entreprise française de photovoltaïque qui périclite, la France est décidément sur une bien mauvaise pente en terme de politique industrielle, laissant, avec une totale irresponsabilité, chaque jour, la Chine, les Etats-Unis et maintenant l'Inde gagner un peu plus de parts de marchés dans cette industrie d'avenir.

Mais notre pays définit sa politique industrielle et énergétique sous influence et non dans l'intérêt du pays et des générations qui nous suivront. Et ceci depuis bien trop longtemps, tant sous la gauche, que sous la droite actuelle. Nos couloirs ministériels grouillent de ces réseaux issus ou proches de certaines filières "classiques" plus soucieuses de leur avenir immédiat que de celui de notre économie nationale.
Tel le Président de la République disant "l'environnement, ça suffit", on les devine tenir en salon un propos comparable : "le renouvelable, ça suffit" !