mardi 27 décembre 2011

2011, année la plus chaude depuis 1900.

Et une de plus !

Meteo France l'annonce, 2011 aura été l'année la plus chaude jamais enregistrée depuis 1900.
Durant ce même long laps de temps, les 13 années les plus chaudes se concentrent sur les 15 dernières années, s'accompagnant au passage d'un déficit de pluie de -20% en moyenne. Tout cela laisse assez peu de place au doute sur la réalité d'un réchauffement climatique en cours. C'est, à ce stade, au regard des références de la période 1971-2000, +1.5° en plus. Le dernier record de 2003 était de +1,3°. L'accélération fait "froid" (si je puis dire) dans le dos. Récemment encore, le GIEC estimait que si rien n'était fait (et globalement, rien n'a été fait), on prendrait +0.12 à +0.26 ° par décennie. Les récentes mesures tendent à confirmer cela en fourchette haute. Quand on sait, toujours d'après les travaux du GIEC que 1° de changement de température déplace une zone climatique donnée de 200 à 300 km, on peut, à peu de choses près, mesurer les profondes modifications climatiques en Europe.

Bref, je ne me complairais pas dans l'alarmisme de certains dont la délectation à prédire le pire est détestable... mais cette annonce ne doit pas nous laisser indifférent.
Bien entendu, je lirais encore et toujours des commentaires de prudence sur l'interprétation à avoir de ces données. Et je suis tout disposé à les entendre. Pour autant, rien ne serait pire que d'attendre je ne sais quel autre signal pour réagir car réduire notre dépendance aux énergies fossiles demeure un objectif nécessaire. Si ce n'est pour des raisons climatiques, un tel objectif est au minimum nécessaire pour des raisons économiques.

En attendant, on a que trop parlé de l’obsédante question du nucléaire qui a dramatiquement absorbé le débat sur notre dépendance aux énergies fossiles et ses conséquences climatiques dramatiques, au moins aussi graves d'un point de vue environnemental... si ce n'est plus. Souhaitons que cette campagne présidentielle française n'oublie pas cet enjeu essentiel... vital.

mercredi 14 décembre 2011

La protection de la nature dans la campagne présidentielle ?


Honnêtement, avouons que ce sujet est complètement passé aux oubliettes. Mais aujourd'hui, avec François Bayrou, nous sommes allés observer les oiseaux sauvages en forêt d'Orient dans l'Aube. Un vent à décorner les boeufs (pour être plus juste : à décorner des aurochs que nous avons croisés dans cette forêt) ne nous a pas empêché de parler de protection de la nature à un moment où aucun politique n'en parle.

Depuis des mois, la question de l’environnement s’est résumée au nucléaire. Et des sujets fondamentaux tels que la protection de la nature ont été passés aux oubliettes. Lisez l’accord Verts-PS, on en dit presque rien. C’est un comble.

Après tout, mesure-t-on à quel point on parle là de questions vitales. Sans la nature, on ne respirerait pas (photosynthèse), on ne mangerait pas (production alimentaire), ou ne boirait pas (qualité de l’eau). La nature est tout simplement un patrimoine (oublié) de l'humanité.

La nature  rend des services « gratuits » dont nous mesurons chaque jour l'intérêt : intérêt dans la production alimentaire (les pollinisateurs tels les abeilles permettent la production de près de 30% de ce que nous mangeons), intérêt en terme de ressources génétiques et techniques pour des applications dans la santé et la chimie verte, intérêt pour les retenues d'eaux de pluie et de réservoir carbone des plantes, etc, etc...

L’enjeu pour moi n’est pas seulement de préserver une nature « extra-ordinaire » à l’aide de parcs comme celui que nous avons visité. Cette démarche de protection via des parcs est indispensable bien évidemment, mais demain, nous devrons aussi mieux considérer cette nature « ordinaire » qui nous entoure tous et que nous ne voyons plus. Pour cela, je crois nécessaire de contenir à terme l'imperméabilisation des sols en France à 10 à 15 % maximum du territoire (on estime qu'on est aujourd'hui à 8%). Par « imperméabilisation des sols » on désigne tout aménagement urbanistique (logements, zone d'activité) ou d'infrastructure (routes...). 

Comment ? : favoriser réglementairement le "re-usage" des friches et des espaces déjà construits, rendre inintéressante financièrement et réglementairement l'imperméabilisation d'espaces de nature ou agricole, valoriser les actions des protection des zones agricoles ou de nature menées par les communes, poursuivre et renforcer la mise en place de corridors biologiques permettant une circulation ininterrompue de la faune et de la flore (autrement appelés « trames vertes et bleues), et inverser la logique consistant à tirer plus d'avantages financiers à occuper des sols non bâtis que du foncier bâti. Il faudra à ce titre, évidemment dans une impérieuse nécessité de concertations locales réelles, que les documents d’urbanisme et les trames vertes et bleues deviennent compatibles.

Nous devrons aussi donner plus d’importance à ce fléau pour la biodiversité que constituent les espèces envahissantes tels le frelons asiatiques ou certaines plantes qui colonisent et étouffent des milieux fragiles.

Pour coordonner les actions sur le terrain, nous pourrions nous doter d’une Agence nationale de la Nature à l’image de l’Ademe.

L'écologie positive dont a parlé François Bayrou aujourd'hui est une écologie à laquelle tout un chacun doit pouvoir adhérer à la hauteur de ses moyens. S’il y a un sujet qui devrait assez aisément réunir les français sur des objectifs clairs et partagés, précisément parce qu’on parle de questions vitales d’air, de nourriture et d’eau et donc de santé et de bien-être, c’est bien la protection et le devenir de la planète, autrement dit, une réconciliation entre activités humaines et équilibres naturels.

dimanche 11 décembre 2011

sommet de Durban : grande lassitude

Au fil des ans, les sommets sur le climat se succèdent et l'habitude commence à être prise qu'ils ne sont qu'échecs plus ou moins patents. On s'y est presque autant habitué que le réchauffement climatique inéluctable qui est devant nous.

Je ne reviendrai pas sur les conclusions de ce sommet de Durban qui n'est qu'un gain de temps avec une remise à plus tard d'un nouveau traité pour succéder à celui de Kyoto. "Remise à plus tard", et en attendant, le temps passe aussi sûrement que les émissions augmentent et plus personne ne croit plus en notre capacité à limiter à +2° l'augmentation de la température d'ici la fin du siècle. Puisqu'on doit parler d'habitude à prendre, il faudra donc se faire à l'idée que nous aurons plus chaud, de notre vivant.

Au fond, la question qui se pose est : pourquoi stagne-t-on depuis le protocole de Kyoto ?
La réponse n'est-elle pas dans les opinions publiques ? La méthode même de ces sommets devraient nous poser question. Des délégations diplomatiques cotoient en cercle fermés des ONG internationales. Le tout dans une ambiance surréaliste où on se demande comment il est possible que des gens qui doivent vraisemblablement se parler tout au long de l'année attendent les 24 dernières heures de leurs débats pour convenir d'un micro-accord. Tout cela parait si lointain. Evidemment, quand on a le privilège d'en être, ce sentiment n'existe pas. Et pourtant, quand une démarche éloignée des peuples se perd dans des labyrinthes, les peuples se désintéressent. Il en va ainsi de la grande idée européenne... il semble en aller ainsi du climat.

De ce désintérêt, les chefs d'Etat les plus défenseurs des énergies fossiles profitent.
Beaucoup des opinions publiques ont évidemment compris ce qu'était le réchauffement climatique. Mais ces sommets internationaux sont devenus trop lointains, obscurs et décourageants. Quasiment aucun débat public préalable à ces sommets n'a existé en France. Pas même un débat au Parlement pour dire quelle position allait défendre la France. De toute évidence, il faut rapprocher ces sommets des citoyens, créer de l'émulation et l'enthousiasme, voire de la polémique. L'idéal serait évidemment que ces sommets fassent l'objet de débats publics, politiques et médiatiques, préalables, dans tous les pays du Monde. On a bien des évènements sportifs mondiaux qui réussissent à réunir vers un même objet au même moment toutes les opinions publiques du monde. Est-il si insensé de penser que, si nos décideurs le voulaient bien, l'espace de deux semaines, nous fassions du climat de notre planète un enjeu au moins aussi important qu'une coupe de monde de foot ?