mercredi 18 juillet 2012

Pour une Conférence environnementale de concertation ambitieuse et réaliste.


Communiqué de Presse


Pour une Conférence environnementale de concertation ambitieuse et réaliste.
La conférence environnementale que Delphine Batho, ministre de l'écologie, annonce aujourd'hui pour la mi-septembre pose les bases indispensables d'un dialogue réamorcé avec les acteurs du Grenelle de l'environnement. 

Les priorités annoncées correspondent en effet à ce qu'il convient de discuter sans attendre : l'énergie, la biodiversité, et la fiscalité environnementale. Ces priorités étaient d'ailleurs celles mises en avant par François Bayrou durant l'élection présidentielle.

Bien entendu, il ne s'agit à ce stade qu'une annonce de méthode. C'est un premier pas positif tant il est vrai qu'en 2007, les compromis issus du Grenelle ont été une avancée. Avancée qui, malheureusement, a été largement tempérée par les arbitrages négatifs rendus ensuite.

Bien des sujets ont été mis, ces dernières années, entre parenthèse, et l'état de la planète a de quoi nous inquiéter tous. Raison de plus pour aborder toutes ces questions en recherchant les compromis de société nécessaires pour aller aussi loin que possible :
- La question énergétique, si elle doit réfléchir à une réduction de la part du nucléaire, ne doit pas faire passer au second plan les enjeux de réduction de la part des énergies fossiles, à la fois pour des questions de précarité énergétique grandissante, mais aussi pour répondre à nos obligations de réduction des gaz à effet de serre. 
- l'érosion de la biodiversité, parent pauvre des politiques environnementales, a des conséquences encore mal connues à moyen et long terme. La prise de conscience sur les changements du climat devra être faite pour la biodiversité. La biodiversité est une richesse économique qu'il faut mieux évaluer pour mesurer l'intérêt de la préserver. Donner un "prix" à la biodiversité est un travail entamé à poursuivre. Mais c'est aussi en terme de ménagement des espaces à urbaniser et de lutte accrue contre toutes les substances chimiques les plus dangereuses que nos efforts devront redoubler. 
- enfin, la fiscalité environnementale, doit devenir le bras armé des ré-orientations industrielles et économiques vers plus de durabilité. Investir avec ambition ce nouveau marché est une stratégie économique forcément gagnante à terme. Avec 2,1% de notre PIB, le poids de la fiscalité environnementale en France est derrière la moyenne européenne qui est de 2,4%. Nous devrions en premier lieu rattraper la moyenne européenne et c'est près de 6 milliards d'euros qui pourraient être collectés pour financer de nouvelles politiques environnementales majeures telles que l'isolation du bâti ancien, l'aide aux nouvelles mobilités, l'aménagement de corridors écologiques,  ou encore la création d'un fonds d'investissement du développement durable et pour la croissance verte.

Yann Wehrling
Porte Parole du Mouvement démocrate. 

vendredi 13 juillet 2012

8000 suppressions d'emplois chez Peugeot : des décennies de mauvais choix industriels


L'annonce des 8000 suppressions d'emplois chez PSA Peugeot met évidemment le pays dans l'émoi. C'est un séisme économique qui s'inscrit tristement dans une longue série que notre Pays subit depuis trop longtemps.

La plupart des candidats à la présidentielle avaient estimés à tort que la question économique n'avait pas d'importance. Chaque jour nous démontre que cette question aurait du être au centre des débats.

Fondamentalement, cette annonce pose la question des stratégies industrielles menées par nos grands groupes industriels. Est-il viable d'envisager de maintenir une production de voitures de bas de gamme dans notre Pays ? Peut-on produire en France des produits à bas coûts et se mettre en concurrence avec des productions de même type réalisées dans des pays émergents ?

Les pouvoirs publics, de gauche comme de droite, ont observé ces choix industriels, les ont même accompagné dans certains cas, sans voir venir l'échec annoncé aujourd'hui. La situation du site d'Aulnay était connue depuis longtemps mais tout le mode a fait l'autruche en attendant des temps meilleurs qui ne sont pas venus.

Au moment de l'aide importante consentie par l'Etat aux constructeurs automobiles en 2009, que n'a-t-on exigé des contreparties en terme de ré-orientations industrielles ? Construire des voitures en Europe, c'est possible… les constructeurs allemands l'ont démontré. Mais c'est au prix de choix de gamme et de technologies que nous n'avons pas fait en France.

Il est temps que la stratégie industrielle de notre pays soit repensée vers des réponses innovantes et répondant aux enjeux d'avenir. La mobilité est en pleine mutation. Elle entre de plein pied dans les enjeux de la durabilité qui ne se résume pas à la voiture électrique ou hybride. Ce sont dans ces mutations que notre industrie doit se positionner. Espérons que ce seront des orientations que le gouvernement proposera dans le plan annoncé.

A quoi, il faut ajouter que ce sont aussi des stratégies européennes qu'il convient de revoir. Quand de grands pays dits émergents soutiennent leur R&D et protègent leurs propres productions en mettant davantage de contraintes pour les constructeurs étrangers (quand l'Europe ouvre grand ses portes aux constructeurs coréens, la Corée est loin de permettre la réciproque sur son territoire pour nos constructeurs européens), l'Europe, trop soucieuse de faciliter la concurrence intra-européenne combat toute forme de protection des marchés intérieurs et ne voit pas venir que la vraie concurrence aujourd'hui n'est pas d'abord au sein des 27, mais est mondiale. A mettre en concurrence nos industries européennes, nous ne construisons aucune stratégie commerciale et industrielle à l'échelle mondiale. Et cette Europe là, c'est une somme de ministres de chaque Etat qui lui a donné ces directives qu'elle ne fait qu'appliquer. Là aussi, des changements s'imposent.