mardi 27 novembre 2012

Notre Dame des Landes : un hub dans le grand ouest pour quoi faire ?


Bien évidemment, le sujet qui prédomine est l’usage de la force pour déloger les manifestants-campeurs. Sur ce point, avouons que tous les gouvernements ou décideurs politiques sont un jour confrontés à l’hostilité d’une partie de la population sur un projet ou une réforme. Ce n’est jamais une chose facile à gérer et les mots des responsables politiques à l’égard des manifestants doivent toujours être mesurés pour ne pas envenimer les choses. L’emploi du mot « kyste » est d’une brutalité qui n’était pas pour arranger les tensions. Pour autant, au seul motif qu’il y a manifestation, doit-on renoncer ou modifier profondément un projet ? La question n’a pas de réponse évidente … sauf à procéder à des référendum comme en Suisse (après tout pourquoi pas… ). Mais sans référendum, la représentativité des manifestants restera toujours une interrogation pour les dirigeants. Dans le cas de Notre Dame des Landes, je serais tenté de vouloir donner raison aux manifestants car je partage leur opposition à ce projet. Mais dans le cas des manifestants « anti-mariage pour tous » qui ont eux aussi été dans les rues ces derniers jours, mon message au gouvernement est le même que ceux qui défendent l’aéroport : « tenez bon !». En somme, on le voit bien, la question de la « rue » (sauf révolution populaire évidemment) n’est pas un élément suffisant pour la décision.

Dès lors, tentons de revenir sur le fond du projet lui-même.

Les partisans de ce projet avancent deux arguments : le premier est que les études d’impact ont été faites et que toutes les procédures ont été respectées. Le second est que cet aéroport est essentiel pour le développement économique du "grand ouest".

La première affirmation, hyper technocratique, si elle est recevable juridiquement, ne l’est évidemment pas politiquement. On ne compte plus le nombre de projets insensés et inutiles, dispendieux en argent public, qui ont fait l’objet de procédures parfaites. La procédure respectée ne rend pas un projet utile et pertinent.

La seconde affirmation est plus délicate à contester. Elle part d’un postulat que le futur aéroport fera de la région nantaise une zone de très grand développement économique en facilitant les liaisons aériennes internationales.

Cela l’a été dit dans le rapport Ce-Delft : l’avantage économique n’est pas extraordinnaire et il est plus qu’hypothétique.

Par ailleurs, ce raisonnement, s’il était fait partout en Europe, reviendrait à prévoir des hub aéroportuaires à proximité de chaque grande capitale régionale (un hub étant une plate-forme aéroportuaire qui amène des passagers en transit pour aller vers des destinations internationales, ou de longues distances). Or, en matière de déplacements rapides de moyennes et longues distances, c’est bien à l’échelle européenne qu’il faudrait mener cette réflexion (qui existe d’ailleurs) et non pas seulement à une échelle locale. Car bien évidemment, le propre d’un élu local c’est de vouloir que son territoire se développe en se dotant de toutes les infrastructures dignes de ce nom. Ceci explique en partie le consensus des grands partis sur de tels projets. Il y a une sorte d’a-priori indiscutable selon lequel tout grand projet est forcément synonyme de développement économique et que s’y opposer serait irresponsable. Nous trouverions de tels exemples partout dans le pays.

Tout cela est souvent plus théoriques et orgueilleux que réellement appuyé sur des études économiques.

Au plus petit niveau, si elles en ont les moyens, les collectivités locales n’hésitent pas à investir dans des structures publiques coûteuses et dont les raisons d'être sont souvent plus de l'ordre du prestige que d'une réelle nécessité pour les contribuables. Comparez une commune riche et une commune pauvre… vous verrez que l’une a des ronds points à foison, des salles neuves, des infrastructures sportives rutilantes quand l’autre n’aura d’autres solutions que d’inviter ses habitants à faire quelques kilomètres pour aller à la piscine de l’agglomération voisine qui a la taille critique pour avoir une telle infrastructure.

Mon propos est de constater que nous sommes encore loin de pouvoir compter sur une vraie égalité des territoires face à des dépenses d’infrastructures lourdes qui, du niveau de l’aéroport Notre Dame des Landes, aurait mérité un vrai travail national voire européen pour penser la complémentarité de notre réseau d’aéroports et de lignes ferroviaires à grande vitesse.

Le sujet est bien là : peut-on donner dans ce débat de Notre Dame des Landes une cartographie européenne de l’existant et du nécessaire en matière de liaisons à moyenne et longue distance ?

A l’échelle européenne, nous arrivons à mieux visualiser comment s’opère les déplacements de passagers avec efficacité et sans dépense publique excessive : l’avenir est à l’intermodalité (autrement dit la complémentarité entre les différents moyens de transports). Ainsi, d’un village reculé à une ville moyenne, on privilégiera la voiture ou les réseaux de transports locaux. De la ville moyenne vers les capitales régionales, le TER. Et enfin, pour aller de la capitale régionale vers les grands aéroports internationaux (une petite dizaine en Europe, dont un en France, Roissy CDG) : les lignes TGV ou les aéroports régionaux. Tout ceci conduit à dimensionner au plus juste chaque infrastructure et surtout à les rendre complémentaires les unes avec les autres. Notre Dame des Landes semble à ce titre avoir été pensé « en vase clos », sans réflexion de « bon dimensionnement », sans réflexion de complémentarité avec l’existant. Ces deux considérants plaidant assurément pour quelques aménagements bien moins coûteux en faveur de l’actuel aéroport Nantes-Atlantique.

Je fais ici le lien avec cet autre débat qui reste bien d’actualité qui est la relance économique au plan européen, voulu par certains chefs d’Etat (dont le nôtre et à juste titre) qui correspondait grosso modo à lever des « projects bonds » (des emprunts européens) pour financer des grands projets continentaux. Parachever le réseau d’aéroports et de liaisons ferroviaires à grande vitesse est un formidable grand projet continental. Ainsi confirmerait-on que nous n’avons pas besoin de hub supplémentaires en Europe (ou très peu) mais plutôt de meilleures interconnexions entre les aéroports et les gares ferroviaires existants.

A lire la très intéressante note qu’on peut trouver sur le site du ministère de l’écologie (http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/7%281%29.pdf), on comprend vite qu’il y a concurrence entre les hubs en Europe et qu’il serait sans doute préférable d’améliorer l’intermodalité vers le hub de RoissyCDG, notamment depuis les aéroports de province tel que Nantes Atlantique ou les lignes TGV, et non pas créer de toute pièce un hub nantais, très proche de Roissy, et donc en concurrence directe avec Roissy. Améliorer les liaisons entre Nantes et Roissy-CDG par TGV serait à la fois moins coûteux donc plus conforme à l’absolue nécessité de réduire la dépense publique globale (l’investissement public pour Notre Dame des Landes est estimé à 245 millions d’euros) et sans doute plus judicieux si on veut bien penser les mobilités de moyennes et longues distance à un échelon européen.

Quant à l’écologie, pour une fois, je ne m’y suis pas penché car la simple logique de complémentarité européenne Hub-aéroports secondaires-ligne TGV suffit à démontrer que Notre Dame des Landes n’est pas nécessaire. Surtout, j’ai une conviction en matière d’écologie que j’ai déjà développée plusieurs fois sur ce blog : contrer les logiques économiques par des arguments uniquement écologiques ou règlementaires c’est se battre contre des moulins. C’est David contre Goliath. C’est bien sur le terrain économique que le combat écologique doit aller pour gagner une bataille qui est vraiment très loin de pencher en faveur de l’écologie.


jeudi 15 novembre 2012

Débat sur la transition énergétique : Taxe carbone ou TIPP flottante... il faudra choisir


Ce matin, je faisais le plein d’essence. Eh oui, j’ai une voiture (pas avec chauffeur ;)… car je suis un écolo des champs. Je vis en milieu rural et j’ai du coup une vision « non urbaine » des mobilités… et je sais qu’à part le co-voiturage (qu’il m’arrive de pratiquer autant que je le peux), je n’ai guère d’autres moyens de me déplacer de manière durable.

Bref, après ces quelques lignes de justification, j’en reviens à mon constat du matin frais : je voyais le prix s’afficher. 1,38 cts€/l. Je me disais que le prix restait encore raisonnable et je repensais à l’action du gouvernement visant à « tenter » (en vain je le crains) de stabiliser les hausses en usant d’une forme de TIPP flottante. Et, bien que consommateur et pas spécialement fortuné, je me disais que décidément, c’était une mauvaise décision.

Pourquoi ?

Dans la foulée de ce plein d’essence, je reprends le volant et j’écoute France Info. L’invitée du matin était Nathalie Koziusko-Morizet à qui on posait des questions sur le gaz de schiste. Au passage, je repensais à notre échange un peu vif sur un plateau TV d’Yves Calvi durant la présidentielle. Elle me répondait avec grand mépris en disant que je racontais des « bêtises » alors que je venais de l’interpeller sur sa double erreur d’avoir mené une politique de tarif de rachat catastrophique pour le photovoltaïque et de n’avoir rien fait à l’échelon européen pour dénoncer le dumping évident des chinois qui eux, aidaient leur industrie photovoltaïque pour casser les prix en Europe et tuer nos entreprises du solaire. Or, ces derniers jours, la Commission européenne prenait enfin le taureau par les cornes en entamant une enquête contre la Chine précisément sur ce dossier du photovoltaïque. Mon propos n’était donc pas, à l’époque, si « bête ».

Mais passons, ce matin, le sujet était le gaz de schiste.

La réponse de NKM, – cette fois – je la partage. En gros, elle a expliqué que le gaz de schiste et le gaz naturel, c’est la même chose. Que notre « gaz » est aujourd’hui importé (de Russie principalement). Et que, si nous avions moyen de sortir le gaz de nos propres sols, nous serions plus indépendants et ce serait mieux pour notre économie (rappelons que nous dépensons quelques 60 milliards d’euros par an en achat de gaz et de pétrole à la Russie et au pays du Moyen Orient). Le seul obstacle est que nous, contrairement aux Etats-Unis ou à la plupart des autres pays de la planète, nous avons quelques objections à extraire les énergies fossiles en faisant au passage des dégâts sur l’environnement (et, en l’occurrence, sur l’eau potable). La fracturation hydraulique, seule technique valable pour extraire le gaz qui est dans nos sols, cause des pollutions dans les nappes phréatiques qui nous servent à nous approvisionner en eau potable. Nous avons jugé, quasiment unanimement en France, que cela était inacceptable. Sommes-nous bien sûr que le gaz et le pétrole que nous importons respecte l’environnement là où ils sont extraits… j’en doute fort, mais ainsi en va-t-il de nos hypocrisies de société. Quoi qu’il en soit, d’un point de vue économique, entre le fait d’acheter son gaz à la Russie ou le sortir de nos sols (sans fracturation hydraulique), je préfère en effet le sortir de nos sols.

Cela étant, notons que partout dans le Monde, malgré de grands discours sur la nécessité de lutter contre les changements climatiques, tous les Etats, tous sans exception (France y compris évidemment), cherchent des solutions pour avoir à disposition et distribuer à leur économie domestique une énergie fossile abondante et à bon marché. Aux Etats-Unis, on sait maintenant qu’ils ont trouvé les moyens techniques pour extraire suffisamment d’énergies fossiles dans leurs sous-sols sans plus avoir besoin de celui des autres pays producteurs. Des forages en grandes profondeurs marines se poursuivent et apportent leurs lots réguliers de « bonnes » nouvelles en matière de nouveaux puits (pétrole ou gaz), y compris dans les eaux territoriales de l’Union européenne. Et les gaz dits de schistes ne resteront dans nos sous-sols que quelques temps encore car nombreux sont ceux qui, d’une manière ou d’une autre, iront les chercher. L’envie est là en tout cas.

Et j’entends les partisans d’une lutte accrue contre les changements climatiques s’appuyer sur l’argument d’un prix des fossiles qui va en augmentant et le pic pétrolier qui a été atteint, est atteint, ou sera atteint rapidement. Et je ne peux m’empêcher de me dire que l’argument de l’inéluctable pénurie n’est pas (ou plus) le bon. Car après tout, en égratignant la protection de l’environnement pour aller chercher les énergies fossiles là où on se refusait de les chercher (y compris dans les pôles), et si de nouveaux puits devaient finalement sortir des sols des quantités suffisantes pour encore quelques temps, et si, comme le disent certains pétroliers, les réserves étaient plus importantes qu’on ne le dit, on peut très bien avoir, pour des dizaines d’années encore, un prix des fossiles à des niveaux raisonnables. Et dans ces conditions, il y a peu à espérer d’une quelconque « transition énergétique » car les logiques économiques balaieront toutes les bonnes intentions et les arguments d’une énergie fossile chère ne rejoindront plus les arguments écologiques.

C’est pourquoi, il faut considérer que l’essentiel du débat sur les énergies fossiles n’est pas le débat sur la pénurie supposée, mais bien la question de l’impact climatique. Autrement dit, même si les énergies fossiles devaient être en quantité suffisante et que leur prix devaient se stabiliser durablement, il n’en demeurerait pas moins que nous devons continuer de les considérer comme des énergies dont nous devons nous passer de plus en plus… non pas pour des raisons de pénurie, mais pour des raisons environnementales. Et c’est là que le signal prix reste un outil incontournable.

Dans cette fenêtre de tir que nous avons devant nous, à savoir un maintien de nos objections environnementales à ne pas faire n’importe quoi pour extraire les fossiles, une dépendance toujours très importante à l’importation des énergies fossiles, et un débat énergétique qui s’ouvre, sans doute est-ce l’occasion de nous interroger sur ce signal « prix ». Je sais bien que ce n’est pas dans le logiciel de la gauche de considérer que certains biens de consommation courante, telle que le carburant, doivent être rendus plus chers pour en réduire l’usage. Et pourtant, c’est précisément quand un bien est cher que les alternatives ont le plus de chance de se développer. L’inverse, c’est créer les conditions pour que rien ne change vraiment. Or, le gouvernement, en ayant fait le choix d’agir sur le prix des carburants, n’a pas crée, à la veille du débat sur l’énergie, un climat d’opinion favorable à une recherche tout azimut d’alternatives aux énergies fossiles.

Il y a, sur la table de ce débat énergétique, une option : celle de la taxe « carbone ».. autrement dit, une taxe qui ponctionnerait l’usage des énergies fossiles. Et qui dit « taxe », dit « augmentation du prix des fossiles »… et donc du carburant. Comment cette option restera-t-elle compatible avec l’idée des socialistes de maîtriser à des coûts raisonnables le carburant ? Ce n’est ni de gauche, ni populaire… mais néanmoins absolument nécessaire. C’est une question que le débat énergétique aura à se poser. Et l’option d’une redistribution complète de la taxe aux français les moins favorisés n’a jamais eu ma faveur car – bien que généreuse - elle pourrait avoir tendance à réduire, voire annuler le signal-prix dont on sait qu’il est producteur de changements de comportements. Et ce dont nous avons aujourd’hui besoin, c’est à la fois de ce changement de comportements, mais aussi de moyens pour financer avec plus d’ampleur les alternatives (prioritairement vers les plus démunis certes)… et c’est précisément là que les bénéfices de la taxe seraient les bienvenus.

jeudi 8 novembre 2012

Obama et le changement ... climatique




La réélection de Barack Obama a été saluée par tout le monde.

Du point de vue d’un écologiste, il est objectivement indéniable que l’élection de Mitt Romney, dont la campagne a très clairement et franchement été financée par les industriels du pétrole, eut été très clairement le signe d’une politique fortement défavorable au climat.
Pour autant, peut-on espérer des progrès avec l’élection d’Obama qui, rappelons-le, reste à la tête de l’Etat sans lequel, peu de politiques environnementales dans le monde n’ont de réels poids ?

Tout d’abord, le sujet environnemental a été absent de la campagne. Comme en France lors de la dernière présidentielle, la crise économique a mis au second plan la question environnementale. Le poncif selon lequel on ne fait de l’environnement que quand l’économie va bien est revenu en puissance. A tel point que le champagne est sablé un peu partout dès qu’un nouveau gisement de pétrole ou de gaz est découvert… là-bas dans les sous-sols, du gaz de schiste cherché par fracturation hydraulique..  en Europe, dans sous-sols de la Méditerranée pour aller chercher du gaz, … bientôt dans les alentours des pôles. Et le retour des gaz de schistes dans le rapport Gallois (idée certes non retenue… pas encore), est bien le signe que l’environnement est décidément une affaire qui ne saurait contrevenir aux urgences économiques. Les énergies fossiles sont et restent l’énergie synonyme de développement économique. Pas ou peu de responsables politiques et économiques ont réellement réussi à tourner la page et continuent de se projeter, dans les faits, dans un avenir encore et toujours essentiellement « fossile ». « Par réalisme » disent-ils. Par facilité plutôt.

Il y a ensuite le bilan d’Obama. Certes, on doit lui reconnaître d’avoir pris, au début de son premier mandat, des décisions fortes telles que flécher près de 90 milliards de dollars du « stimulus économique » vers les énergies renouvelables et les emplois verts. Mais alors qu’il affichait deux priorités : le Obama-Care et une loi pour le climat, il a abandonné la seconde pour ne pas compromettre la première. On pourra dire que le Parlement lui est devenu défavorable et expliquer les choses ainsi… le fait est néanmoins qu’il a réussi à faire l’Obama-care et pas la politique climatique… deux politiques qui suscitaient pourtant la même opposition de la part des Républicains.

Peut-on espérer ?
La majorité au Sénat lui reste défavorable. Pour autant, c’est un système fréquent dans la gouvernance américaine et même avec une majorité démocrate, on le sait, il n’aurait pas, comme en France, une assemblée aux ordres. C’est un vrai Parlement, et d’un point de vue de la vie démocratique du Pays, on ne peut qu’approuver (ah si la commission Jospin voulait bien nous proposer une démocratie parlementaire digne de ce nom !). Bref, un parlement qui n’obéît pas, ce n’est pas nécessairement un obstacle insurmontable. Je doute en tout cas que ceci soit un frein à toute avancée… sans quoi, ce serait un frein pour toutes les politiques que pourraient vouloir mener Obama sur quel que sujet que ce soit… or, il va présider son pays, gouverner, et donc négocier avec son parlement.
Autre obstacle… sans doute plus compliqué à surmonter : le poids de l’argent dans la vie politique américaine. On peut apprécier Obama et penser qu’il est intègre. Le fait est que cette campagne, de l’aveu même de certains milliardaires américains, a atteint des sommets en terme d’argent dépensé. Les industriels et réseaux ont soutenu chacun leur candidat à coup de millions de dollars. Qui peut croire que ces dépenses aient été faites sans aucun souci de retour sur investissement. Obama était le candidat d’un des deux grands partis. A ce titre, il est redevable de son élection à ses électeurs au moins autant qu’à ses financeurs. Qui peut prédire les conséquences obscures de ce système politique dans les grands choix qui seront faits ? C’est une grande inconnue.

Mais face à ces deux craintes, il y a quelques espoirs :
Il y a tout d’abord une opinion publique américaine toujours plus inquiète quant aux conséquences du réchauffement climatique. Sa réélection plutôt confortable n’est pas tant le résultat d’un bon bilan économique, mais, plus certainement, celui d’une Amérique qui a changé et qui, loin de départager les candidats sur leur politique économique, l’ont plutôt fait sur leur ouverture aux questions sociétales et aussi, sans doute, aux questions environnementales. De ces points de vue, Obama est plus que mieux disant. Il est le seul jugé apte à avancer alors que Romney aurait fait reculer le Pays. Dès lors, si l’Amérique a élu Obama sur des critères sociétaux et environnementaux, et comme c’est son second et dernier mandat… qu’aurait-il à perdre à faire, maintenant, cette politique environnementale qu’il n’a pas réussi lors de son premier mandat et que lui demande ses électeurs ? C’est l’espoir que nous pouvons avoir.

lundi 5 novembre 2012

Mariage homo... qu'on en finisse !


L'émulation autour de ce débat finit par m'exaspérer.

Alors que j'en suis un fervent partisan, j'en viens à me dire que si j'étais le gouvernement, je m'empresserai de faire adopter cette loi et qu'on passe à autre chose : la compétitivité du Pays par exemple. Je suis d'ailleurs certain que (toute proportion gardée), comme pour l'abolition de la peine de mort, quand ce droit au mariage pour tous sera voté, d'ici quelques années, ceux qui y seront opposés ne seront plus qu'une petite minorité de la population.

Il y aurait certes une vertu à ce qu'il y ait un débat, mais à condition de poser les vraies questions.
Celles soulevées par l’Église et certains élus de droite principalement (mais aussi de gauche), par exemple sur l'intérêt des enfants dans les couples homos, a sa réponse dans l'excellent reportage que j'ai entendu sur France Info ce matin et qui donne la parole à des enfants (aujourd'hui adultes) élevés par des couples homos. Ils disent tous la même chose : ce dont ils ont souffert n'était pas la situation d'avoir deux pères ou deux mères, mais l'exclusion dont ils ont fait l'objet à l'école et dans la rue. Autrement dit, le débat n'est pas sur le mariage et l’homoparentalité mais sur la tolérance d'une société quant à la différence. Et si le débat devait permettre à chacun de s'interroger sur sa capacité à supporter et accepter la différence des autres, alors ce débat serait utile. Car, au fond, il serait bon que chacun se rende compte qu'on a tous, un jour, besoin de la tolérance des autres quant à quelque chose dans notre vie qui fait différence. Qui n'a pas souffert une fois dans sa vie de l'intolérance des autres ?

Mais le problème est que l’Église et des politiques posent le problème d'une manière qui risque de créer encore plus d'intolérances dans le pays, de rejet de la différence... et le pays reculera au point de nous faire courir le risque de faire de la France un des derniers pays d'Europe a refuser cette évolution positive du droit. Après, que l'Église émette un avis ne me choque pas outre mesure (pour peu qu'on veuille noter que parmi les chrétiens, nombreux sont ceux qui ne partagent pas l'avis des évêques - j'en suis). Je mets cet avis au même plan que celui exprimé par n'importe quelle cercle ou réseau. La laïcité serait en danger si l'Etat se sentait tenu de tenir compte de l'avis de l’Église... ce qui n'est pas le cas évidemment, heureusement.

Bref, sortons au plus vite de cette spirale dangereuse dans laquelle ce débat semble vouloir aller. Que le gouvernement ne cède pas davantage aux pressions en repoussant encore l'examen et l'adoption de ce droit car les reports ne pourront que contribuer à l'enlisement... et, peu ou prou, à l'abandon.