samedi 23 août 2014

Avant d’être de gauche ou de droite, je suis écologiste

EELV organise ce samedi 23 août un débat lors de leurs journées d’été posant la question de savoir si l’écologie politique est de gauche ou de droite. Invité pour y donner mon point de vue, je le détaille ici :
Le Grenelle de l’environnement, conduit par un gouvernement de droite, de l’avis de la plupart des grandes associations écologistes, apermis de réelles avancées dans le domaine de l’environnement : Plus de crédits pour développer les énergies renouvelables, pour la prévention des déchets, ou encore une gouvernance à 5 collèges qui ainitié un réel dialogue fructueux dont beaucoup regrettent qu’il n’ait pas survécu aux changements de majorité. A gauche,  des avancées existent, mais objectivement, elles sont plus timides… elles ne sauraient se présenter comme meilleures. Ainsi, l’affirmation selon laquelle la gauche ferait mieux que la droite dans le domaine de l’écologie est pour le moins à nuancer.
L’alliance exclusive des Verts avec la seule gauche, et plus précisément le PSn’a-t-elle pas conduit ce dernier à délaisser l’écologie en lamaintenant dans une sorte de sous-traitance donnée aux Verts ? Force est de constater que le gouvernement et les socialistes (sauf quelques rares et notables exceptions) sont très majoritairement peu soucieuxdes enjeux écologiques. A l’inverse, faute d’alliés écologistes, une expertise interne à droite et au centre s’est développée. Elle s’est notamment manifestée lors du Grenelle. Sans prétendre que la droite et le centre se seraient totalement convertis à l’écologie, en miroir de la gauche et plus particulièrement du PS, les convictions et le poids de certaines personnalités telles que Nathalie Kosciusko Morizet, Chantal Jouanno, Jean-Louis Borloo, Serge Lepeltier, ou Alain Juppé,influencent incontestablement leur camp politique.
C’est une évolution intéressante dont les écologistes doivent tenir compte. Choisir son allié en fonction de ses convictions écolo avantcelle de son étiquette politique est un choix que font de nombreux partis écologistes dans le monde. N’était-ce pas d’ailleurs le positionnement originel des Verts à leur création ? Oh, certes, il était fort peu opérationnel tant il était vrai, à la fin des années 70, que droite et gauche était à égalité dans la non prise en compte des questions posées par l’écologie.
C’est une option évidemment délicate pour nombre d’écologistes au passé très ancré à gauche. Mais sachons aussi nous défaire d’une vision trop franco-française des ententes électorales. Quand en Allemagne le SPD et la CDU constituent une grande coalition, qui oserait dire que le SPD est passé à droite ou que la CDU est devenue sociale-démocrate ?En France, quand des écologistes font alliance avec le PS, dirait-ond’eux qu’ils deviennent socialistes ? Quand des écologistes font alliance avec l’UMP ou l’UDI, c’est aussi un raccourci de dire qu’ilsseraient de droite. Dans la plupart des pays à tradition pluraliste (sur base de scrutins proportionnels), on admet et valorise ces subtilités.
Les écologistes au travers des Verts puis d’EELV ont choisi la gauche, sans doute durablement. Voilà plusieurs années que jne peux que constater qu’il ne produit pas les succès espérés dans le champ de l’écologie.
Il s’agit aujourd’hui d’ouvrir de nouveaux champs d’alliance pour l’écologie. A droite et au centre, le Grenelle a montré qu’il existait des potentiels. Les appuyer, les solidifier, les conforter ne peut être qu’utile.
Et pour ceux qui aspirent à un autre paysage politique, tenant plus compte des nouveaux débats de société de ce siècle, sachons nous préparer aux lendemains de la prochaine élection présidentielle. Unerecomposition politique est probable avec une nouvelle majorité dont les contours politiques pourraient être bien différents de ceux que nous avons connus par le passé, même si elle risque de se faire à la faveur d’un bien sombre soir électoralUne écologie plus au centre du paysage politique, pragmatique, aux idées renouvelées, ayant su faire son aggiornamento, plus convaincante pour les plus modestes comme pour les grands décideurs économiques du pays, pourra y avoir une place déterminante.
Yann Wehrling
Porte-parole du Mouvement démocrate
Ancien secrétaire national des Verts