mercredi 22 octobre 2014

Nitrates dans l'eau de Paris



Lors du Conseil de septembre dernier, je suis intervenu sur les taux de nitrates dans l'eau de Paris dont je trouve l'évolution inquiétante.

Bien que restant sous la barre des 50mg/l, les taux maxima enregistrés les dernières années suit une augmentation inquiétante qui, si elle se poursuivait, devrait nous faire passer ce seuil limite.

Pour rappel, la cause principale réside dans les pratiques agricoles d'excès dans les usages des engrais azotés et les conséquences sanitaires concernent principales les femmes enceintes et les nourrissons.

Ma demande portait donc sur une meilleure information des parisiens sur la qualité de notre eau, un peu à la manière utilisée pour la qualité de l'air, et une amplification des actions de protection autour des zones de captage des eaux destinées à la consommation.



Pour s'informer sur la qualité de l'eau des dernières années (bilans depuis 2008)
http://www.ars.iledefrance.sante.fr/Qualite-de-l-eau-en-Ile-de-Fra.110055.0.html*

Pour connaître la qualité de l'eau actuelle
http://www.eaudeparis.fr/la-qualite-de-leau-a-paris/

A lire ce rapport récent publié par le Ministère e l'Agriculture et qui dit enfin clairement et sans déni que la pollution due aux nitrates est principalement d'origine agricole :
http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/CGAAER_13017_2014_Rapport_cle03fac1.pdf



Le voeu que j'ai déposé, repris en parti par l'exécutif.

Conseil de Paris
Séance des 29, 30 septembre et 1er octobre 2014
Sur proposition de Yann Wehrling au nom du groupe UDI-Modem

VŒU relatif à la pollution de l'eau due aux nitrates

Considérant la directive européenne de 1991 sur les nitrates et la pollution d'origine agricole,
Considérant la norme fixant à 50 mg/l la dose maximale de nitrate admise dans l'eau de consommation courante,

Considérant que les contrôles de qualité réguliers menés par l'ARS révèlent que, sur l'ensemble des unités de distribution d'eau potable à Paris, cette dernière contient des taux maximum mesurés proches des normes limite allant de 36 à presque 47,3 mg/l, et que depuis 2008, la situation a globalement tendance à s'aggraver,
Considérant les dangers reconnus pour les femmes enceintes et les nourrissons,
Considérant que la situation ne tend pas vers l'amélioration vu la nouvelle condamnation de la France, le 4 septembre dernier, par la Cour de Justice de l'Union européenne pour son incapacité à améliorer la qualité de ses eaux,
Considérant la réaction consternante et préoccupante du Premier Ministre au sujet des normes européennes en matière de taux nitrates à ne pas dépasser dans les eaux de consommation, réaction invitant à modifier les réglementations européennes plutôt que d'agir pour réduire les taux, et ne laissant que donc peu d'espoir d'action du côté de l'Etat,
Considérant les expériences tout à fait concluantes menées dans certaines communes telles que Vittel ou Munich qui ont mené des actions de grande ampleur visant à changer les cultures sur un large périmètre entourant leurs zones de captage,

Sur proposition de Yann Wehrling, le Conseil de Paris émet le vœu que la Mairie de Paris
- Mette à l'étude la création d'un outil en ligne, voire sur smartphone, sur le modèle de ce qui se fait pour la pollution de l'air, permettant d'informer la population aussi régulièrement que possible de la qualité de l'eau du robinet, et notamment son taux de nitrate
- Envisage un véritable « plan nitrates pour Paris » via un renforcement des mesures de protection envisagée sur les aires d'alimentation des captages, sachant que les mesures de protection mises en œuvre jusqu'à présent n'ont visiblement pas eu les effets escomptés et qu'il convient donc de passer à une autre échelle, sur un périmètre suffisamment large et avec des mesures sans doute plus fortes en terme d'usage des sols, pour avoir un effet réel sur le taux de nitrate dans l'eau de Paris.
- Informe les parisiens, chaque année, de l'impact de ses nouvelles mesures sur la baisse effective des taux de nitrates dans l'eau.

Murs végétalisés : ne pas faire n'importe quoi








Au Conseil de Paris qui s'est terminé hier soir, je suis intervenu sur les murs végétalisés que la Maire projette de développer dans la ville.

Bonne chose évidemment car cela embellit incontestablement un bâtiment, voire une rue, et surtout, les raffraichit durant les périodes de canicule.

Pour autant, veillons à ne pas faire n'importe quoi.

En matière de murs végétalisés, comme bien souvent en matière d’intentions « écologiques », on peut faire des erreurs contre-productives guidées par une commande politique qui serait d’aller vite et d’avoir des résultats visibles et impressionnants sans attendre.

Il existe en effet deux types de murs végétalisés

Il y a ceux qui ressemblent à celui qu’on peut voir à l’entrée du musée du quai Branly, beau, impressionnant, nous donnant le sentiment d’être dans un climat tropical. C'est un geste architectural artisitique intéressant pris isolément, mais dont la reproductibilité reste délicate. Si j’en crois mes sources, ces murs coutent plusieurs centaines d’euros par m2, nécessitent quelques 200 litres d’arrosage par mètre carré et par an et des nutriments réguliers. Au coût d’investissement, il faut ajouter des coûts de fonctionnement qui, en peu d’années, rejoignent le coût d’investissement.

Autre option bien plus aidée à généraliser : la plante grimpante. Coût d’installation : 5 fois moins que le mur précédemment décrit. Besoin en eau : nul. Besoin en nutriment : aucun. Coût d’entretien : négligeable. Bien évidemment, et comme souvent en végétalisation, et quiconque a un jardin le sait, il faut être patient pour voir le résultat. Mais une fois là, la luxuriance est au rendez-vous avec des choix d’essences variées et que l’on peut combiner : le lierre, la vigne vierge, la vigne, la clématite, la glycine, ou même les quelques centaines de différentes sortes de rosiers grimpants.

Plutôt qu'un mur impressionnant et immédiatement impactant dans la rue, mais couteux en eau et une en euros, j'ai invité la maire à privilégier la plante grimpante nous obligeant sans doute à être plus patients, mais tellement plus économe tant environnementalement que financièrement !.

Le rafraîchissement de l’air est nécessaire, partout, mais je ne voudrais pas que de mauvais choix faits aujourd’hui nuisent à l’image positive que les parisiens ont manifestés en faveur de cette végétalisation.

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Le voeu que j'ai déposé mais qui a été rejeté par la majorité :

Conseil de Paris - Séance des 22, 23 et 24 octobre 2014
Sur proposition de Yann Wehrling au nom du groupe UDI-Modem
VŒU relatif aux murs végétalisés

Considérant le vote des parisiens sur le budget participatif plaçant parmi les propositions retenues celle de végétaliser 40 murs de Paris pour un montant estimé de 2 millions d’euros,
Considérant les contraintes budgétaires de la ville qui doivent nous inviter à rechercher les solutions les moins coûteuses dans la mise en œuvre des projets,
Considérant les différentes options techniques allant de la plante grimpante à des systèmes plus complexes d’intégration de flore dans des balconnières, jardinières, par un placage de terre sur la façade, ou des plants en caissettes ou dans des feutres,
Considérant que ces différentes techniques ont des coûts très variables du point de vue de l’investissement mais surtout du point de vue du fonctionnement (systèmes d’arrosage, entretien et remplacement des plants…) pouvant aller jusqu’à quintupler le coût global selon les techniques retenues,
Considérant que d’un point de vue écologique, les bilans sont eux aussi très variables (consommation de centaines de litres d’eau par m2 et par an dans les techniques avec des plants suspendus, nécessité d’apports d’éléments nutritifs, consommation énergétique des pompes d’arrosage),
Considérant que l’intérêt de la végétalisation des murs doit s’inscrire dans un plan d’ensemble visant à augmenter la masse végétale à Paris dans le but principal de rafraîchir l’air durant les périodes de canicules estivales,
Considérant que ce plan d’ensemble sera d’autant plus ambitieux que les solutions techniques retenues auront le meilleur bilan écologique et financier, étant entendu que des choix coûteux et peu écologiques réduiraient d’autant l’ambition sur d’autres projets et nuiraient à l’acceptation citoyenne de telles opérations,

Sur proposition de Yann Wehrling, le Conseil de Paris émet le vœu que la Mairie de Paris
- préalablement à la mise en œuvre des végétalisations de murs, une étude comparative soit faite, tant du point de vue financier qu’écologique, entre les différentes solutions techniques
- suite à ces études, les solutions les moins coûteuses et au meilleur bilan écologique soient retenues